Mercredi (25/01/12)
Rouge
Se teindre les cheveux, c'est un peu devenir quelqu'un d'autre.
Chaton est parti une semaine en Italie. Il rentre samedi.
Il m'a dit que ça lui faisait mal de savoir que j'avais couché avec mon ex. Qu'il aimerait qu'on prenne du temps tous les deux et qu'on discute. On discute plus qu'avant. Mais il ne me touche pas plus, et il ne rentre pas plus tôt.
Vendredi passé, j'ai fait l'amour avec Matloup. C'était pas prévu, mais c'était prévisible.
De son côté en tout cas. Je lui avais dit que ce n'était plus possible, qu'on ne le ferait pas. Que la situation avait changé. Mais le 25 décembre il était venu poser une lettre et un collier pour moi. Depuis il me parlait sur Facebook, presque tous les jours.
Moi je m'étais exprès habillée "moche". Une vielle chemise. Un vieux gilet tout râpé. Une vieille jupe de bonne soeur catholique au genou.
Je l'ai retrouvé à sa boîte. Il devait me donner des affiches, pour un concert qu'il a dimanche, en échange des miennes, pour mon bal de samedi. On avait pas rendez-vous. Je lui avais dit que je passerais dans la semaine et j'ai attendu le vendredi après-midi. J'aurais dû y aller au milieu, parce que là, sachant que j'étais pas encore passée, il pouvait prévoir que je viendrais là.
J'avais pas compris ses indications pour trouver le bureau. Donc je suis entrée, j'ai entendu un bruit d'aspirateur et une voix d'homme. C'était lui. Il m'a dit qu'il avait pas son matériel là, mais chez lui. On est allé chez lui. Je lui ai dit que je l'attendais en bas. Il m'a proposé un café, je suis montée.
Il a mis du café en route, j'ai demandé si je pouvais faire quelque chose. Il m'a dit où étaient les tasses à café, il est sorti fumer une clope. J'ai regardé un peu son appart, c'était petit, étriqué, encombré. Je l'ai pas entendu arriver. Quand je réfléchis, je suis plus attentive au monde extérieur.
Il a mis les mains autour de ma taille, il m'a serrée, fort. Il sentait bon. La clope, la sueur, son odeur. Je me suis retournée et lui ai rendu son étreinte, juste pour le sentir contre moi à nouveau. On est restés là, emmêlés, respirant fort, tous les deux.
L'émotion. De l'attente.
Il a enfoui sa tête dans mes cheveux sales. Il a dit que j'étais belle, et fragile, qu'il avait peur de me casser. Je ne lui ai pas répondu. Nos têtes l'une contre l'autre, nos visages se cherchaient.
Un baiser sur le front.
Un sur la tempe.
Un sur le nez.
Doux, tout doux.
Caresse de sa barbe, de son piercing, de ses lèvres contre ma peau.
J'ai tourné la tête, il est allé chercher plus loin mon baiser.
Doux.
Baiser mordu, à peine. Léger.
Le café a grondé. Je lui ai fait remarquer. Il a dit : "On s'en fout.", je l'ai lâché et suis allée éteindre le café. Il m'a suivi. M'a ré-embrassée. Il m'a attirée, tout en titubant, jusqu'au lit. Nous nous sommes déshabillés mutuellement.
Le reste est assez vague. Le cerveau sur "off" la majeure partie du temps. La seule chose qui ne soit pas floue. C'est que jusqu'alors je n'avais jamais fait l'amour aussi intensément. Chaque centimètre carré de mon corps était l'objet d'une caresse, d'un baiser, d'un geste d'amour. Il n'y avait pas de faux ou de juste, de bon ou de mauvais. A un moment il a fait redescendre la pression en attaquant une bataille de chatouilles. Puis il a recommencé.
Puis j'ai vu l'heure. Chaton rentrait bientôt. Je devais partir. Je me suis arrachée à ses caresses. Il a parlé d'amour pendant que je me rhabillais. Il m'a demandé de rester. Je suis partie.
En coup de vent, rentrer, faire à manger, préparer les affaires pour partir, m'asperger de parfum pour masquer l'odeur de sueur mâle dont j'étais gorgée.
Chaton n'a rien vu, rien senti.
Au bal, Sphinx m'a dit que je sentais le mec, je lui ai dit de la fermer. Que je lui expliquerais plus tard. Il était littéralement mort de rire.
Et moi morte de honte.
Le bal s'est terminé, Sphinx a fait mousser le Lutin en me prenant dans les bras et en me demandant publiquement de faire des enfants avec lui.
Sur la route, j'ai dit à Chaton. Il m'a supplié de ne pas le quitter. Que ça lui était égal ce que je faisais de mon corps. Mais qu'il m'aimait, et qu'il ne voulait pas que je parte.
Il a pleuré. J'ai pleuré. Et me suis endormie à ses côtés, avec l'odeur de Matloup dans mes cheveux.
Mes cheveux sentent la teinture.
Ils sont rouges.
Comme le sang.
Comme l'amour.
Comme l'envie.
J'ai vu Matloup mardi, en public, je le revois vendredi, avec Grizzly à mes côtés pour me surveiller.
Chaton est parti une semaine en Italie. Il rentre samedi.
Il m'a dit que ça lui faisait mal de savoir que j'avais couché avec mon ex. Qu'il aimerait qu'on prenne du temps tous les deux et qu'on discute. On discute plus qu'avant. Mais il ne me touche pas plus, et il ne rentre pas plus tôt.
Vendredi passé, j'ai fait l'amour avec Matloup. C'était pas prévu, mais c'était prévisible.
De son côté en tout cas. Je lui avais dit que ce n'était plus possible, qu'on ne le ferait pas. Que la situation avait changé. Mais le 25 décembre il était venu poser une lettre et un collier pour moi. Depuis il me parlait sur Facebook, presque tous les jours.
Moi je m'étais exprès habillée "moche". Une vielle chemise. Un vieux gilet tout râpé. Une vieille jupe de bonne soeur catholique au genou.
Je l'ai retrouvé à sa boîte. Il devait me donner des affiches, pour un concert qu'il a dimanche, en échange des miennes, pour mon bal de samedi. On avait pas rendez-vous. Je lui avais dit que je passerais dans la semaine et j'ai attendu le vendredi après-midi. J'aurais dû y aller au milieu, parce que là, sachant que j'étais pas encore passée, il pouvait prévoir que je viendrais là.
J'avais pas compris ses indications pour trouver le bureau. Donc je suis entrée, j'ai entendu un bruit d'aspirateur et une voix d'homme. C'était lui. Il m'a dit qu'il avait pas son matériel là, mais chez lui. On est allé chez lui. Je lui ai dit que je l'attendais en bas. Il m'a proposé un café, je suis montée.
Il a mis du café en route, j'ai demandé si je pouvais faire quelque chose. Il m'a dit où étaient les tasses à café, il est sorti fumer une clope. J'ai regardé un peu son appart, c'était petit, étriqué, encombré. Je l'ai pas entendu arriver. Quand je réfléchis, je suis plus attentive au monde extérieur.
Il a mis les mains autour de ma taille, il m'a serrée, fort. Il sentait bon. La clope, la sueur, son odeur. Je me suis retournée et lui ai rendu son étreinte, juste pour le sentir contre moi à nouveau. On est restés là, emmêlés, respirant fort, tous les deux.
L'émotion. De l'attente.
Il a enfoui sa tête dans mes cheveux sales. Il a dit que j'étais belle, et fragile, qu'il avait peur de me casser. Je ne lui ai pas répondu. Nos têtes l'une contre l'autre, nos visages se cherchaient.
Un baiser sur le front.
Un sur la tempe.
Un sur le nez.
Doux, tout doux.
Caresse de sa barbe, de son piercing, de ses lèvres contre ma peau.
J'ai tourné la tête, il est allé chercher plus loin mon baiser.
Doux.
Baiser mordu, à peine. Léger.
Le café a grondé. Je lui ai fait remarquer. Il a dit : "On s'en fout.", je l'ai lâché et suis allée éteindre le café. Il m'a suivi. M'a ré-embrassée. Il m'a attirée, tout en titubant, jusqu'au lit. Nous nous sommes déshabillés mutuellement.
Le reste est assez vague. Le cerveau sur "off" la majeure partie du temps. La seule chose qui ne soit pas floue. C'est que jusqu'alors je n'avais jamais fait l'amour aussi intensément. Chaque centimètre carré de mon corps était l'objet d'une caresse, d'un baiser, d'un geste d'amour. Il n'y avait pas de faux ou de juste, de bon ou de mauvais. A un moment il a fait redescendre la pression en attaquant une bataille de chatouilles. Puis il a recommencé.
Puis j'ai vu l'heure. Chaton rentrait bientôt. Je devais partir. Je me suis arrachée à ses caresses. Il a parlé d'amour pendant que je me rhabillais. Il m'a demandé de rester. Je suis partie.
En coup de vent, rentrer, faire à manger, préparer les affaires pour partir, m'asperger de parfum pour masquer l'odeur de sueur mâle dont j'étais gorgée.
Chaton n'a rien vu, rien senti.
Au bal, Sphinx m'a dit que je sentais le mec, je lui ai dit de la fermer. Que je lui expliquerais plus tard. Il était littéralement mort de rire.
Et moi morte de honte.
Le bal s'est terminé, Sphinx a fait mousser le Lutin en me prenant dans les bras et en me demandant publiquement de faire des enfants avec lui.
Sur la route, j'ai dit à Chaton. Il m'a supplié de ne pas le quitter. Que ça lui était égal ce que je faisais de mon corps. Mais qu'il m'aimait, et qu'il ne voulait pas que je parte.
Il a pleuré. J'ai pleuré. Et me suis endormie à ses côtés, avec l'odeur de Matloup dans mes cheveux.
Mes cheveux sentent la teinture.
Ils sont rouges.
Comme le sang.
Comme l'amour.
Comme l'envie.
J'ai vu Matloup mardi, en public, je le revois vendredi, avec Grizzly à mes côtés pour me surveiller.
Ecrit par Mini-Beille, à 22:29 dans la rubrique Maintenant.
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Jeudi (15/12/11)
Matloup
J'ai rencontré Matloup l'an passé. On bossait pour le même festival. Moi assistante à responsabilité, lui poste à responsabilité. On avait pas beaucoup échangé.
On s'est revus cette année, cette fois, j'avais aussi un poste à responsabilité, en lien avec le sien. Autant dire que sur les 10 jours du festival, on se voyait tout le temps, entre 9h du matin et 02h du matin. Cette fois, on bossait l'un avec l'autre. On se faisait des blagues, on discutait dans les moments de calme.
Bref.
C'était sympa.
On bossait bien, une équipe efficace. J'ai réglé deux-trois problèmes techniques pour l'arranger. On faisait du bon boulot, il avait toujours un mot gentil. Dans les derniers jours, il me prenait mon repas en même temps qu'il allait chercher le sien. Il m'avait mis une fleur avec l'assiette, "pour tes cheveux" il disait. J'ai commencé à regarder ce grand gars, tout maigre, toujours décontracté, toujours sympa, toujours cool et sans stress.
Le dernier soir, avant la fête des bénévoles, on s'est vus, il restait plus longtemps que les autres. Chaton me faisait une crise pour que je ne reste pas, qu'il y aurait de l'alcool et des gens, qu'il voulait que je rentre. "Une vraie nana", avait rigolé Matloup. Pourtant Matloup est pas vraiment du genre ricanneur. Calme, gentil, ferme avec les gens, précis, fiable.
On s'est croisés à la fête.
Un couloir.
Sombre.
Etroit.
On s'est frôlés.
Il m'a pris dans ses bras.
Il sentait l'alcool.
Je ne voulais pas faire ça à Chaton. Je l'ai laissé m'étreindre sans lui rendre vraiment sa chaleur. Je l'ai repoussé, je suis partie avec d'autres.
Au repas des responsables, il s'est fait charrier par ses amis, qu'il avait des vues sur une fille du festival, il les a fait taire. J'ai été intriguée.
Je lui ai demandé ensuite sur Facebook qui c'était, si je la connaissais. J'étais contente et soulagée qu'il ait des vues sur quelqu'un. Il m'a dit que c'était pas drôle, je ne comprenais pas. Il a publié sur son mur des vidéos de chants d'amour et de tristesse. Je lui ai dit que ces chansons étaient très jolies. Il m'a répondu :
Matloup : T'es conne
Matloup : C'est toi...
Mini-Beille : Quoi moi ?
Matloup : La fille...
Mini-Beille : Je sais pas quoi dire...
Matloup : Je t'aime
Mini-Beille : (bis)
Mini-Beille : On tombe pas amoureux comme ça, en une semaine.
Matloup : Ben... faut croire que si :/
Mini-Beille : J'ai un chéri déjà, tu le sais ça...
Matloup : Je sais...
Matloup : Mais, je pensais que...
Matloup : Samedi...
Mini-Beille : Samedi quoi ?
Matloup : Tu m'as laissé...
Matloup : Te prendre dans les bras...
J'ai essayé de lui dire, que mes amis me prenaient dans leur bras tout le temps, que c'était normal, que j'étais quelqu'un de tactile. Je ne lui ai pas dit que j'avais eu envie de lui. Je l'ai dit à Greg et Miss Papillon, plus tard. Ils m'ont dit que j'aurais dû craquer.
Et hier soir je l'ai vu.
Une animation, avec Chaton, Troubadour, et des danseurs, pour un grand évènement. Je l'ai reconnu, je suis allée lui parler un peu avant, je lui ai parlé de l'anim'. Il a pas dansé, il aime pas trop ce genre de musique. Pourtant, après, je suis retournée vers lui. La première fois avec Chaton, on a parlé de faire des bals dans sa salle de concert.
La deuxième fois, Chaton était rentré, je l'ai croisé au bar, au coude à coude, je sentais la chaleur de son bras à travers le tissu. Ses yeux sombres me regardaient fixement.
Lui : Alors, t'es toujours avec ta copine ?
Moi : Oui. Mais, il y a deux-trois petits détails qui ont changé.
Lui : Ah bon ? Comme quoi ?
Moi : Ben... si tu as toujours envie de moi... maintenant ça entrerait dans le domaine du possible.
Il m'a regardé, avec un air d'incrédulité. Je lui ai souri. Il a pris ma main, on est partis sans nos verres, trouver un coin plus calme, à l'abri des gens. On s'est embrassé, il me mordillait gentiment, alcool, tabac, sueur, il sentait bon. J'ai glissé mes mains sous sa chemise. Je l'avais déjà vu sans, mais là, ses muscles dessinés dans du marbre chaud, c'était juste fou.
Puis.
Il a commencé à me parler.
A me dire qu'il y croyait pas, que c'était un rêve, depuis le moment où j'étais venue lui dire bonjour. Que j'étais belle quand je dansais, que ma bouche avait le goût des fruits, qu'il avait pas perdu espoir et qu'il avait eu raison.
Soyons honnête. Sans ça. J'aurais planté les autres là, et je lui aurais demandé d'aller chez lui.
Mais ce n'était pas comme avec Ombre, que j'ai revu depuis mon dernier article, la situation n'était pas claire. C'est un trop gentil garçon pour que je le laisse se faire des films pour après en souffrir. J'ai décidé d'attendre. Attendre de le voir, d'en discuter avec lui un peu, clarifier la situation, clarifier le fait que je ne m'engagerai pas émotionnellement.
Au bout d'un moment, je l'ai laissé pour aller rejoindre les autres danseurs et rentrer.
Ce matin il était sur Facebook. On a parlé d'organiser une soirée ensemble, il m'a dit de passer lui déposer des affiches. Puis je lui ai dit.
Matloup : Ça me fait mal... J'aurais préféré que...
Matloup : Mais j'apprécie ta franchise... Je suis touché que tu tiennes autant à ne pas me blesser...
Mini-Beille : Tu sais...même si ce n'est pas de l'amour, j'ai de l'affection pour toi :*
Matloup : Mais...
Matloup : Tu voudrais quand même ...
Matloup : avec moi ?
Mini-Beille : La question ce n'est pas ce que moi je veux. Je l'ai dit, déjà. La question c'est de savoir si ça te va, en sachant que je ne serai pas autant impliquée émotionnellement que toi... et que pour moi c'est un bout de chemin secret à partager avec toi, pas plus.
Matloup : Oui...
Matloup : Ça me va...
Tout est dit. Il a choisi.
On s'est revus cette année, cette fois, j'avais aussi un poste à responsabilité, en lien avec le sien. Autant dire que sur les 10 jours du festival, on se voyait tout le temps, entre 9h du matin et 02h du matin. Cette fois, on bossait l'un avec l'autre. On se faisait des blagues, on discutait dans les moments de calme.
Bref.
C'était sympa.
On bossait bien, une équipe efficace. J'ai réglé deux-trois problèmes techniques pour l'arranger. On faisait du bon boulot, il avait toujours un mot gentil. Dans les derniers jours, il me prenait mon repas en même temps qu'il allait chercher le sien. Il m'avait mis une fleur avec l'assiette, "pour tes cheveux" il disait. J'ai commencé à regarder ce grand gars, tout maigre, toujours décontracté, toujours sympa, toujours cool et sans stress.
Le dernier soir, avant la fête des bénévoles, on s'est vus, il restait plus longtemps que les autres. Chaton me faisait une crise pour que je ne reste pas, qu'il y aurait de l'alcool et des gens, qu'il voulait que je rentre. "Une vraie nana", avait rigolé Matloup. Pourtant Matloup est pas vraiment du genre ricanneur. Calme, gentil, ferme avec les gens, précis, fiable.
On s'est croisés à la fête.
Un couloir.
Sombre.
Etroit.
On s'est frôlés.
Il m'a pris dans ses bras.
Il sentait l'alcool.
Je ne voulais pas faire ça à Chaton. Je l'ai laissé m'étreindre sans lui rendre vraiment sa chaleur. Je l'ai repoussé, je suis partie avec d'autres.
Au repas des responsables, il s'est fait charrier par ses amis, qu'il avait des vues sur une fille du festival, il les a fait taire. J'ai été intriguée.
Je lui ai demandé ensuite sur Facebook qui c'était, si je la connaissais. J'étais contente et soulagée qu'il ait des vues sur quelqu'un. Il m'a dit que c'était pas drôle, je ne comprenais pas. Il a publié sur son mur des vidéos de chants d'amour et de tristesse. Je lui ai dit que ces chansons étaient très jolies. Il m'a répondu :
Matloup : T'es conne
Matloup : C'est toi...
Mini-Beille : Quoi moi ?
Matloup : La fille...
Mini-Beille : Je sais pas quoi dire...
Matloup : Je t'aime
Mini-Beille : (bis)
Mini-Beille : On tombe pas amoureux comme ça, en une semaine.
Matloup : Ben... faut croire que si :/
Mini-Beille : J'ai un chéri déjà, tu le sais ça...
Matloup : Je sais...
Matloup : Mais, je pensais que...
Matloup : Samedi...
Mini-Beille : Samedi quoi ?
Matloup : Tu m'as laissé...
Matloup : Te prendre dans les bras...
J'ai essayé de lui dire, que mes amis me prenaient dans leur bras tout le temps, que c'était normal, que j'étais quelqu'un de tactile. Je ne lui ai pas dit que j'avais eu envie de lui. Je l'ai dit à Greg et Miss Papillon, plus tard. Ils m'ont dit que j'aurais dû craquer.
Et hier soir je l'ai vu.
Une animation, avec Chaton, Troubadour, et des danseurs, pour un grand évènement. Je l'ai reconnu, je suis allée lui parler un peu avant, je lui ai parlé de l'anim'. Il a pas dansé, il aime pas trop ce genre de musique. Pourtant, après, je suis retournée vers lui. La première fois avec Chaton, on a parlé de faire des bals dans sa salle de concert.
La deuxième fois, Chaton était rentré, je l'ai croisé au bar, au coude à coude, je sentais la chaleur de son bras à travers le tissu. Ses yeux sombres me regardaient fixement.
Lui : Alors, t'es toujours avec ta copine ?
Moi : Oui. Mais, il y a deux-trois petits détails qui ont changé.
Lui : Ah bon ? Comme quoi ?
Moi : Ben... si tu as toujours envie de moi... maintenant ça entrerait dans le domaine du possible.
Il m'a regardé, avec un air d'incrédulité. Je lui ai souri. Il a pris ma main, on est partis sans nos verres, trouver un coin plus calme, à l'abri des gens. On s'est embrassé, il me mordillait gentiment, alcool, tabac, sueur, il sentait bon. J'ai glissé mes mains sous sa chemise. Je l'avais déjà vu sans, mais là, ses muscles dessinés dans du marbre chaud, c'était juste fou.
Puis.
Il a commencé à me parler.
A me dire qu'il y croyait pas, que c'était un rêve, depuis le moment où j'étais venue lui dire bonjour. Que j'étais belle quand je dansais, que ma bouche avait le goût des fruits, qu'il avait pas perdu espoir et qu'il avait eu raison.
Soyons honnête. Sans ça. J'aurais planté les autres là, et je lui aurais demandé d'aller chez lui.
Mais ce n'était pas comme avec Ombre, que j'ai revu depuis mon dernier article, la situation n'était pas claire. C'est un trop gentil garçon pour que je le laisse se faire des films pour après en souffrir. J'ai décidé d'attendre. Attendre de le voir, d'en discuter avec lui un peu, clarifier la situation, clarifier le fait que je ne m'engagerai pas émotionnellement.
Au bout d'un moment, je l'ai laissé pour aller rejoindre les autres danseurs et rentrer.
Ce matin il était sur Facebook. On a parlé d'organiser une soirée ensemble, il m'a dit de passer lui déposer des affiches. Puis je lui ai dit.
Matloup : Ça me fait mal... J'aurais préféré que...
Matloup : Mais j'apprécie ta franchise... Je suis touché que tu tiennes autant à ne pas me blesser...
Mini-Beille : Tu sais...même si ce n'est pas de l'amour, j'ai de l'affection pour toi :*
Matloup : Mais...
Matloup : Tu voudrais quand même ...
Matloup : avec moi ?
Mini-Beille : La question ce n'est pas ce que moi je veux. Je l'ai dit, déjà. La question c'est de savoir si ça te va, en sachant que je ne serai pas autant impliquée émotionnellement que toi... et que pour moi c'est un bout de chemin secret à partager avec toi, pas plus.
Matloup : Oui...
Matloup : Ça me va...
Tout est dit. Il a choisi.
Ecrit par Mini-Beille, à 18:54 dans la rubrique Maintenant.
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Jeudi (08/12/11)
Il aurait aimé...
J'ai recouché avec mon ex.
Ombre.
J'en avais besoin. Physiquement.
Je me sens mieux.
Pas forcément lui, ç'aurait été n'importe qui de validable, ç'aurait été pareil.
En journée j'avais discuté avec Sphinx, sur Facebook, comme tous les jours.
Je lui ai dit que j'avais eu envie de lui. Pendant cette soirée, sous ses caresses. Mais que c'était retombé.
- Ma chérie, tu avais envie de toi. Il m'a répondu.
Il m'appelle "ma chérie". De temps en temps. Quand il veut me dire que je suis mignonne, mais vraiment dans l'erreur.
- Je t'aurais embrassée que tu m'aurais repoussé. Il a ajouté.
- Tu es sûr ? J'ai demandé. Sur le coup j'ai bien cru que c'est moi qui allais t'embrasser.
- Non. Tu l'aurais pas fait. Tu avais pas besoin de moi. Tu as besoin de toi. Il y a un truc enfermé en toi que Chaton ne laisse pas sortir en te refusant ses caresses. Un jour tu en auras marre. Tu le quitteras ou tu chercheras cette liberté ailleurs.
- N'importe quoi. Je l'aime. Je préférerais mourir que de le quitter.
- Je sais. Il y a un toi construit autour de toi. Une carapace fictive que d'autres ont construit autour, mais ce n'est pas toi. Tu es une tigresse déguisée en chaton. Une amazone cachée sous une robe de princesse.
- Mais je suis un chaton. Un petit chat avec des grands yeux Chibi et des super robes de princesse !
- Ouais, si tu veux.
- Arrête de faire le Sphinx-euh ! J'y comprends rien !
J'y comprenais rien. En relisant. Près d'une semaine après, je comprends. On a parlé de l'efficacité de ses techniques de drague, du fait que c'était un allumeur, lui du fait que c'était un feignant et qu'il allumait jamais pour ne pas consommer. La discussion s'est éteinte gentiment. Je suis sortie, j'ai croisé Ombre qui sortait du centre commercial. Il m'a proposé un verre, j'ai bu un verre avec lui dans un café où le copain de sa mère bossait avant. Maintenant ils sont plus ensemble, il bosse plus là, et c'est plus le même café.
Après le verre on est rentrés. Ombre habite à quelques rues de chez moi. Arrivés devant chez moi, on se dit au revoir. Sms de Chaton.
"Désolé, m'attendez pas pour le souper, je vais rentrer un peu tard, Elle aimerait discuter de vendredi avec moi. :-/ Becs. Je t'aime"
J'ai lu le sms.
J'ai jeté mon Samsung par terre.
Devant Ombre.
Il l'a ramassé.
Il a lu, il m'a regardé.
Je lui ai raconté, en deux mots.
Il a mis un bras autour de mes épaules, fait un bec sur le front, il m'a dit :
- Viens.
On est allés chez lui et on a fait l'amour.
Trois fois.
Je me suis pas reconnue. J'ai arrêté de penser.
Après il s'est endormi, j'ai activé ma 3g. Sphinx et Greg étaient sur Facebook, je leur ai raconté, je leur ai demandé quoi faire juste là. Sphinx m'a dit de me casser de là rapidement et silencieusement. Greg m'a dit de le réveiller ou de laisser un mot.
J'ai laissé un mot.
Sur le chemin, je me sentais libre. Juste libre, apaisée, déchargée. Des mois de frustration physique envolés. Sphinx s'est moqué gentiment :
- Ce que tu me racontes c'est juste ce qu'on ressent après un orgasme, c'est normal.
- T'es con !
- J'suis content pour toi.
- C'est nul, j'me sens même pas coupable.
- C'est pas nul, c'est bien.
Quand je suis rentrée, Chaton dormait déjà. Je sentais la clope, la sueur, le sexe. Sphinx m'a dit de prendre une douche avant d'aller dormir. J'ai pris une douche, je sentais la fleur d'oranger.
J'ai dit à Chaton. Il a dit qu'il était content pour moi. Que j'avais l'air mieux. Qu'il m'aimait.
Vendredi, bal. Sphinx n'est pas venu. Il avait dit qu'il viendrait pas, mais il avait dit aussi qu'il rediscuterait en live avec moi. Parce que c'est bien de trimballer sa 3g partout, mais que ça remplace pas le vrai contact. Une gamine de 15 ans qui veut le mettre dans son lit est venue me demander où il était. J'ai dit que je savais pas. C'était pas vrai, il était à un concert. J'lui ai demandé pourquoi elle me demandait ça à moi. Elle a rougi. Elle a pas répondu. Elle s'est barrée en faisant la gueule. Millie et le Lutin non plus ne sont pas venus.
Samedi, soirée chez les filles. Sms de Sphinx : "J'veux te parler, va sur Facebook." J'ai répondu que j'étais à une soirée, je me suis pas connectée. J'ai préparé des cocktails toute la soirée. Dimanche, journée glande, je me suis pas connectée. Lundi, séminaire à préparer et à présenter, je me suis pas connectée. J'suis retournée chez Ombre, on a discuté, comme Greg l'avait conseillé, et on a recouché ensemble. En rentrant, personne avait fait à manger, on est tous allés au resto.
Mardi, je me suis connectée. Avant même que j'ai pu lui dire "salut", Sphinx m'a apostrophée:
- T'étais où, merde ?
- Désolée de pas passer ma vie derrière mon écran, j'ai répondu. J'avais pas mal de trucs à faire.
Il s'est énervé, il s'est déconnecté, il s'est calmé, il s'est reconnecté. Il a dit qu'il était fatigué, qu'il hésitait à aller danser ce soir.
On a parlé de plein de trucs. J'lui ai dit qu'il avait raison, que c'était pas mon vrai moi, que je m'étais cachée et que j'avais plein de choses à donner et que si Chaton en voulait pas je les donnerais à d'autres. Il m'a demandé de lui en garder une part. J'lui ai dit qu'il aurait toujours une grande place et dans mon coeur et dans ma vie, que je l'aimais comme un frère, comme un jumeau, comme une part de moi-même. Il a rien répondu. Il a attendu 20 minutes, mais comme il bosse, ça m'a pas paru long. Il a répondu :
- <3 Moi aussi je t'aime, chérie. Bonne soirée !
C'était la fin de la journée. Il avait son cours de danse, moi une sortie au ciné avec Chaton.
Mercredi il m'a demandé pourquoi j'avais brusquement choisi de coucher avec Ombre. Je lui ai dit que j'avais pas choisi, que c'était sur le moment. Que ç'aurait été n'importe qui de validable que ç'aurait été pareil. Il m'a demandé s'il était devenu validable depuis qu'on s'était rencontrés.
- C'est limite dommage que j'ai commencé à te considérer comme un frère alors que tu devenais validable ;) Je lui ai dit.
- J'aurais aimé que tu réveilles avant de me considérer comme un frère.
- Euh, ça veut dire quoi ça ?
- Mais, je t'embête Mini-Beille, tu sais très bien ;)
Deux jours. Et le voile ne se déchire pas, impassible sur Facebook tu ne rentres pas en matière, tu t'absentes, tu changes de sujet. Quel jeu tu joues, petit Sphinx ? Si seulement j'avais un autre Sphinx pour parler avec lui de ce comportement. Un ami commun qui saurait ce que tu racontes, qui déchiffrerait tes énigmes. Chaton s'en moque, Le Lutin est jaloux de toi, Miss Papillon te craint, Greg est loin.
Demain, fête chez moi. Invité absent, comme toujours, le Sphinx. Nati, si tu l'avais vu, tu saurais me dire ce qu'il pense, au-delà des jeux et des apparences, tu vois les gens tels qu'ils sont.
Ombre.
J'en avais besoin. Physiquement.
Je me sens mieux.
Pas forcément lui, ç'aurait été n'importe qui de validable, ç'aurait été pareil.
En journée j'avais discuté avec Sphinx, sur Facebook, comme tous les jours.
Je lui ai dit que j'avais eu envie de lui. Pendant cette soirée, sous ses caresses. Mais que c'était retombé.
- Ma chérie, tu avais envie de toi. Il m'a répondu.
Il m'appelle "ma chérie". De temps en temps. Quand il veut me dire que je suis mignonne, mais vraiment dans l'erreur.
- Je t'aurais embrassée que tu m'aurais repoussé. Il a ajouté.
- Tu es sûr ? J'ai demandé. Sur le coup j'ai bien cru que c'est moi qui allais t'embrasser.
- Non. Tu l'aurais pas fait. Tu avais pas besoin de moi. Tu as besoin de toi. Il y a un truc enfermé en toi que Chaton ne laisse pas sortir en te refusant ses caresses. Un jour tu en auras marre. Tu le quitteras ou tu chercheras cette liberté ailleurs.
- N'importe quoi. Je l'aime. Je préférerais mourir que de le quitter.
- Je sais. Il y a un toi construit autour de toi. Une carapace fictive que d'autres ont construit autour, mais ce n'est pas toi. Tu es une tigresse déguisée en chaton. Une amazone cachée sous une robe de princesse.
- Mais je suis un chaton. Un petit chat avec des grands yeux Chibi et des super robes de princesse !
- Ouais, si tu veux.
- Arrête de faire le Sphinx-euh ! J'y comprends rien !
J'y comprenais rien. En relisant. Près d'une semaine après, je comprends. On a parlé de l'efficacité de ses techniques de drague, du fait que c'était un allumeur, lui du fait que c'était un feignant et qu'il allumait jamais pour ne pas consommer. La discussion s'est éteinte gentiment. Je suis sortie, j'ai croisé Ombre qui sortait du centre commercial. Il m'a proposé un verre, j'ai bu un verre avec lui dans un café où le copain de sa mère bossait avant. Maintenant ils sont plus ensemble, il bosse plus là, et c'est plus le même café.
Après le verre on est rentrés. Ombre habite à quelques rues de chez moi. Arrivés devant chez moi, on se dit au revoir. Sms de Chaton.
"Désolé, m'attendez pas pour le souper, je vais rentrer un peu tard, Elle aimerait discuter de vendredi avec moi. :-/ Becs. Je t'aime"
J'ai lu le sms.
J'ai jeté mon Samsung par terre.
Devant Ombre.
Il l'a ramassé.
Il a lu, il m'a regardé.
Je lui ai raconté, en deux mots.
Il a mis un bras autour de mes épaules, fait un bec sur le front, il m'a dit :
- Viens.
On est allés chez lui et on a fait l'amour.
Trois fois.
Je me suis pas reconnue. J'ai arrêté de penser.
Après il s'est endormi, j'ai activé ma 3g. Sphinx et Greg étaient sur Facebook, je leur ai raconté, je leur ai demandé quoi faire juste là. Sphinx m'a dit de me casser de là rapidement et silencieusement. Greg m'a dit de le réveiller ou de laisser un mot.
J'ai laissé un mot.
Sur le chemin, je me sentais libre. Juste libre, apaisée, déchargée. Des mois de frustration physique envolés. Sphinx s'est moqué gentiment :
- Ce que tu me racontes c'est juste ce qu'on ressent après un orgasme, c'est normal.
- T'es con !
- J'suis content pour toi.
- C'est nul, j'me sens même pas coupable.
- C'est pas nul, c'est bien.
Quand je suis rentrée, Chaton dormait déjà. Je sentais la clope, la sueur, le sexe. Sphinx m'a dit de prendre une douche avant d'aller dormir. J'ai pris une douche, je sentais la fleur d'oranger.
J'ai dit à Chaton. Il a dit qu'il était content pour moi. Que j'avais l'air mieux. Qu'il m'aimait.
Vendredi, bal. Sphinx n'est pas venu. Il avait dit qu'il viendrait pas, mais il avait dit aussi qu'il rediscuterait en live avec moi. Parce que c'est bien de trimballer sa 3g partout, mais que ça remplace pas le vrai contact. Une gamine de 15 ans qui veut le mettre dans son lit est venue me demander où il était. J'ai dit que je savais pas. C'était pas vrai, il était à un concert. J'lui ai demandé pourquoi elle me demandait ça à moi. Elle a rougi. Elle a pas répondu. Elle s'est barrée en faisant la gueule. Millie et le Lutin non plus ne sont pas venus.
Samedi, soirée chez les filles. Sms de Sphinx : "J'veux te parler, va sur Facebook." J'ai répondu que j'étais à une soirée, je me suis pas connectée. J'ai préparé des cocktails toute la soirée. Dimanche, journée glande, je me suis pas connectée. Lundi, séminaire à préparer et à présenter, je me suis pas connectée. J'suis retournée chez Ombre, on a discuté, comme Greg l'avait conseillé, et on a recouché ensemble. En rentrant, personne avait fait à manger, on est tous allés au resto.
Mardi, je me suis connectée. Avant même que j'ai pu lui dire "salut", Sphinx m'a apostrophée:
- T'étais où, merde ?
- Désolée de pas passer ma vie derrière mon écran, j'ai répondu. J'avais pas mal de trucs à faire.
Il s'est énervé, il s'est déconnecté, il s'est calmé, il s'est reconnecté. Il a dit qu'il était fatigué, qu'il hésitait à aller danser ce soir.
On a parlé de plein de trucs. J'lui ai dit qu'il avait raison, que c'était pas mon vrai moi, que je m'étais cachée et que j'avais plein de choses à donner et que si Chaton en voulait pas je les donnerais à d'autres. Il m'a demandé de lui en garder une part. J'lui ai dit qu'il aurait toujours une grande place et dans mon coeur et dans ma vie, que je l'aimais comme un frère, comme un jumeau, comme une part de moi-même. Il a rien répondu. Il a attendu 20 minutes, mais comme il bosse, ça m'a pas paru long. Il a répondu :
- <3 Moi aussi je t'aime, chérie. Bonne soirée !
C'était la fin de la journée. Il avait son cours de danse, moi une sortie au ciné avec Chaton.
Mercredi il m'a demandé pourquoi j'avais brusquement choisi de coucher avec Ombre. Je lui ai dit que j'avais pas choisi, que c'était sur le moment. Que ç'aurait été n'importe qui de validable que ç'aurait été pareil. Il m'a demandé s'il était devenu validable depuis qu'on s'était rencontrés.
La grande blague qu'on raconte c'est que quand j'étais pas sûre d'avoir Greg, on m'avait présenté son "meilleur ami", et avant de le rencontrer, je m'étais dit que peut-être en couchant avec ça ferait avancer les choses. Et que quand je l'avais vu lui, petit Sphinx maigrelet aux cheveux noirs, je m'étais dit : "Ah non, ça, ça va pas être possible !"Je lui ai dit qu'il faisait des progrès avec ses cheveux. Et qu'il était plutôt bien maintenant.
- C'est limite dommage que j'ai commencé à te considérer comme un frère alors que tu devenais validable ;) Je lui ai dit.
- J'aurais aimé que tu réveilles avant de me considérer comme un frère.
- Euh, ça veut dire quoi ça ?
- Mais, je t'embête Mini-Beille, tu sais très bien ;)
Deux jours. Et le voile ne se déchire pas, impassible sur Facebook tu ne rentres pas en matière, tu t'absentes, tu changes de sujet. Quel jeu tu joues, petit Sphinx ? Si seulement j'avais un autre Sphinx pour parler avec lui de ce comportement. Un ami commun qui saurait ce que tu racontes, qui déchiffrerait tes énigmes. Chaton s'en moque, Le Lutin est jaloux de toi, Miss Papillon te craint, Greg est loin.
Demain, fête chez moi. Invité absent, comme toujours, le Sphinx. Nati, si tu l'avais vu, tu saurais me dire ce qu'il pense, au-delà des jeux et des apparences, tu vois les gens tels qu'ils sont.
Ecrit par Mini-Beille, à 17:41 dans la rubrique Maintenant.
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Dimanche (27/11/11)
Une soirée au Paradis
Samedi soir, soirée de bénévoles avec Sphinx, le Lutin, Chaton, Millie, le Troubadour, Miss Papillon, Mr Oiseau et quelques autres convives de moindre importance.
Pas mal de monde donc. Pas mal de problèmes en vue aussi.
Comité d'abord, sur un prochain bal en cours d'organisation. Sphinx s'assied à côté de moi, la main sur ma chaise.
Puis les autres convives arrivent, Miss Papillon d'abord, à qui je raconte en deux mots la soirée de la veille. Puis les autres. Au souper, Sphinx se met entre Chaton et moi, le Lutin et Millie en face. Sphinx multiplie les marques d'affection publiques, le Lutin en face devient pâle, mais il ne peut rien dire. Puis, au détour de la conversation, Sphinx me plante un gros bisou sur la joue.
- Ah non, Sphinx, je dis, pas en public, voyons !
- Ah oui, mince, t'as raison !
Le Lutin se lève, sort fumer sur la terrasse.
Puis les musiciens sortent leurs instruments, les chanteurs se mettent à chanter. Chaton va dormir. J'invite Sphinx pour une valse lente. J'ai des talons. 8 cm. C'est pas grave, ça marche. Il me serre contre lui.
- Regarde, me dit-il quand on passe vers le Lutin, il est jaloouuuux !
Mais je ne le regarde pas. Il n'existe pas. A la fin de la danse, il pose son accordéon et ressort fumer encore. Il reste un moment dehors.
Les danses et les musiques s'enchaînent. Je me sens bien, en famille, chez moi. Puis un moment de chant, plus calme, plus intimiste, quand la motivation s'affaiblit. Sphinx me gronde de toucher ses cheveux.
- Je t'interdis de me toucher, il dit.
Il me boude, pendant quelques danses. Chaton revient mais il ne semble pas plus motivé par sa sieste, il va s'asseoir de côté. J'essaye de le suivre, mais il me dit de rester au milieu de la musique. Je reviens m'asseoir. Tout le monde me boude, je m'efface, j'ai envie de pleurer. De partir. De partir en disant à Sphinx : "Bon ben puisque tu fais la gueule, je vois pas l'intérêt de rester à ta fête." Je reste à ma place. Je le regarde. Je refuse de danser avec Mr Oiseau, avec le Troubadour. Je m'enfonce dans ma déprime.
Il vient me rechercher. Me montre des passes de Lindy Hop, me dit que je suis douée. Enchaîne la mazurka avec moi. Il me demande si on s'est disputés avec Chaton. Je lui raconte en deux mots vendredi.
Soudain, il me serre, fort. Contre lui. Plus que me serrer il presse ses mains dans mon dos, les perd dans mes cheveux, se colle à moi. Il me regarde. Il a les yeux embrumés d'absinthe. Il me re-serrer contre lui. Tête contre tête, tête contre cou. Il caresse mes bras, mes épaules de ses mains, douces. Il revient à mon dos, perd sa tête dans le creux de mon cou, descend ses mains à mes hanches, me serre fort. Il caresse mon épaule de sa tête, cheveux noirs, cheveux roux se mêlent. Tête contre tête, visage contre visage. J'ai chaud.
La musique s'arrête, reprend, il ne s'arrête pas. Il caresse mes cheveux des ses mains, les met sur le côté de mon visage. Me regarde. Yeux embués, embrumés d'alcool. D'alcool ?
- Arrête, je dis, tu as trop bu.
- Arrête toi, il répond, voix rauque, de prendre des marques d'affection pour autre chose. Prends les choses pour ce qu'elles sont, simplement.
La phrase est gravée dans ma mémoire. A l'heure qu'il est, je ne l'ai pas comprise.
- Arrête.
- Pourquoi ?
Il a pris ma tête entre ses mains. Front contre front, il s'écarte de quelques centimètres. Me regarde. Je le regarde. S'il m'embrasse je ne réponds plus de rien. Si Chaton n'était pas là, si on était pas en public je le ferais. Je me serre contre lui pour fuir son regard.
- C'est pas une bonne idée de faire des câlins à une hormone géante sur pattes.
- T'as dit que j'étais trop moche pour toi.
- T'as dit que j'étais trop vieille pour toi.
- Non c'est toi !
- Non, c'est toi.
Silence.
- Il se passera rien et tu le sais.
J'ai eu envie de l'embrasser en demandant "Tu crois ?", j'ai eu envie de demander "pourquoi ?", j'ai eu envie de lui dire qu'il lui restait sans doute des capotes.
- J'espère bien !
C'était notre dernière danse. Le chant est revenu. Puis la fatigue. Puis le rangement et le départ pour chez lui, avec toute la clique qui restait. Organisation des lits, qui dort avec qui, comment.
Il passe un bras autour de mon épaule.
- Moi je dors avec Mini-Beille !
Je ne réponds pas à son étreinte. Il se dégage. Miss Papillon dort avec lui. Rien à craindre.
J'aurais dû dormir avec lui, ou avec elle, ou n'importe quelle autre combinaison, mais pas celle-là. Miss Papillon m'a raconté après, dans la voiture. Seule la pensée de Greg, le chéri, le meilleur ami, a empêché les dégâts. Deux personnes pleines d'alcool. Un trop-plein d'amour à donner, un trop vide à recevoir. C'est allé suffisamment loin pour qu'il y ait gêne à l'avenir.
Au matin, nulle trace de rien. Bruit en bas. Je descends, Sphinx fait du café. Il me prends dans les bras. Peu à peu, tout le monde arrive.
- J'en peux plus, je dis à Miss Papillon et à Sphinx, faut que je parle avec lui, ça ne marche pas.
Un nuage passe sur le front de Sphinx, acquiescement ?
On parle de Greg avec Miss Papillon, qu'une fille qui danse avec lui, là-bas, lui a fait des avances explicites. Qui a dit qu'il ne voulait pas ressembler à Chaton. Chaton a entendu, il dit qu'effectivement, s'il craque il sera comme lui. Il dit ça naturellement, devant tout le monde. Devant le Troubadour qui n'écoute pas. Mais surtout devant le Lutin qui n'avait jusqu'alors que des doutes.
A l'heure du départ, tout le monde se sépare.
- Tu es verte, me dit Sphinx.
Il n'a pas l'air mieux.
On pose Miss Papillon à une gare, on se promène un moment dans un marché de Noël, on croise des gens. On rentre. Je lui parle. Il s'explique. Elle l'a appelé hier, s'est plainte que je n'avais pas été gentille avec elle.
- Tu rigoles ? Elle te vole à moi et tu voudrais que je fasse ami-ami avec elle ?
- Oui, j'aimerais que vous vous connaissiez un peu mieux. Que vous soyez amies. J'aimerais qu'elle vienne vivre avec nous l'an prochain...
L'an prochain. Le rêve. Notre appartement. Souillé par elle ? Hors de question. Je prends un risque. Un gros risque.
- Non. C'est elle ou moi, mais pas les deux.
- C'est toi, toi que j'aime, c'est d'accord, on vivra que tous les deux.
- Tu ne l'amèneras jamais à la maison ?
- Mais quand tu es pas...
- JAMAIS ! PROMET ! MAINTENANT !
Il a promis. Est-ce qu'il tiendra ?
Une année.
Il prévoit d'y être encore dans une année.
Envolés les projets de changer de boulot depuis leur réconciliation.
Dispute sur la route.
Je ne veux pas lâcher du lest.
J'ai passé une soirée avec elle.
J'aimerais que ça soit la dernière.
Il n'a pas promis.
En rentrant, il change de sujet. Pour se faire pardonner il me fait à manger. Puis nous allons dormir. Dormir. Seulement.
J'ai mal.
Pas mal de monde donc. Pas mal de problèmes en vue aussi.
Comité d'abord, sur un prochain bal en cours d'organisation. Sphinx s'assied à côté de moi, la main sur ma chaise.
Puis les autres convives arrivent, Miss Papillon d'abord, à qui je raconte en deux mots la soirée de la veille. Puis les autres. Au souper, Sphinx se met entre Chaton et moi, le Lutin et Millie en face. Sphinx multiplie les marques d'affection publiques, le Lutin en face devient pâle, mais il ne peut rien dire. Puis, au détour de la conversation, Sphinx me plante un gros bisou sur la joue.
- Ah non, Sphinx, je dis, pas en public, voyons !
- Ah oui, mince, t'as raison !
Le Lutin se lève, sort fumer sur la terrasse.
Puis les musiciens sortent leurs instruments, les chanteurs se mettent à chanter. Chaton va dormir. J'invite Sphinx pour une valse lente. J'ai des talons. 8 cm. C'est pas grave, ça marche. Il me serre contre lui.
- Regarde, me dit-il quand on passe vers le Lutin, il est jaloouuuux !
Mais je ne le regarde pas. Il n'existe pas. A la fin de la danse, il pose son accordéon et ressort fumer encore. Il reste un moment dehors.
Les danses et les musiques s'enchaînent. Je me sens bien, en famille, chez moi. Puis un moment de chant, plus calme, plus intimiste, quand la motivation s'affaiblit. Sphinx me gronde de toucher ses cheveux.
- Je t'interdis de me toucher, il dit.
Il me boude, pendant quelques danses. Chaton revient mais il ne semble pas plus motivé par sa sieste, il va s'asseoir de côté. J'essaye de le suivre, mais il me dit de rester au milieu de la musique. Je reviens m'asseoir. Tout le monde me boude, je m'efface, j'ai envie de pleurer. De partir. De partir en disant à Sphinx : "Bon ben puisque tu fais la gueule, je vois pas l'intérêt de rester à ta fête." Je reste à ma place. Je le regarde. Je refuse de danser avec Mr Oiseau, avec le Troubadour. Je m'enfonce dans ma déprime.
Il vient me rechercher. Me montre des passes de Lindy Hop, me dit que je suis douée. Enchaîne la mazurka avec moi. Il me demande si on s'est disputés avec Chaton. Je lui raconte en deux mots vendredi.
Soudain, il me serre, fort. Contre lui. Plus que me serrer il presse ses mains dans mon dos, les perd dans mes cheveux, se colle à moi. Il me regarde. Il a les yeux embrumés d'absinthe. Il me re-serrer contre lui. Tête contre tête, tête contre cou. Il caresse mes bras, mes épaules de ses mains, douces. Il revient à mon dos, perd sa tête dans le creux de mon cou, descend ses mains à mes hanches, me serre fort. Il caresse mon épaule de sa tête, cheveux noirs, cheveux roux se mêlent. Tête contre tête, visage contre visage. J'ai chaud.
La musique s'arrête, reprend, il ne s'arrête pas. Il caresse mes cheveux des ses mains, les met sur le côté de mon visage. Me regarde. Yeux embués, embrumés d'alcool. D'alcool ?
- Arrête, je dis, tu as trop bu.
- Arrête toi, il répond, voix rauque, de prendre des marques d'affection pour autre chose. Prends les choses pour ce qu'elles sont, simplement.
La phrase est gravée dans ma mémoire. A l'heure qu'il est, je ne l'ai pas comprise.
- Arrête.
- Pourquoi ?
Il a pris ma tête entre ses mains. Front contre front, il s'écarte de quelques centimètres. Me regarde. Je le regarde. S'il m'embrasse je ne réponds plus de rien. Si Chaton n'était pas là, si on était pas en public je le ferais. Je me serre contre lui pour fuir son regard.
- C'est pas une bonne idée de faire des câlins à une hormone géante sur pattes.
- T'as dit que j'étais trop moche pour toi.
- T'as dit que j'étais trop vieille pour toi.
- Non c'est toi !
- Non, c'est toi.
Silence.
- Il se passera rien et tu le sais.
J'ai eu envie de l'embrasser en demandant "Tu crois ?", j'ai eu envie de demander "pourquoi ?", j'ai eu envie de lui dire qu'il lui restait sans doute des capotes.
- J'espère bien !
C'était notre dernière danse. Le chant est revenu. Puis la fatigue. Puis le rangement et le départ pour chez lui, avec toute la clique qui restait. Organisation des lits, qui dort avec qui, comment.
Il passe un bras autour de mon épaule.
- Moi je dors avec Mini-Beille !
Je ne réponds pas à son étreinte. Il se dégage. Miss Papillon dort avec lui. Rien à craindre.
J'aurais dû dormir avec lui, ou avec elle, ou n'importe quelle autre combinaison, mais pas celle-là. Miss Papillon m'a raconté après, dans la voiture. Seule la pensée de Greg, le chéri, le meilleur ami, a empêché les dégâts. Deux personnes pleines d'alcool. Un trop-plein d'amour à donner, un trop vide à recevoir. C'est allé suffisamment loin pour qu'il y ait gêne à l'avenir.
Au matin, nulle trace de rien. Bruit en bas. Je descends, Sphinx fait du café. Il me prends dans les bras. Peu à peu, tout le monde arrive.
- J'en peux plus, je dis à Miss Papillon et à Sphinx, faut que je parle avec lui, ça ne marche pas.
Un nuage passe sur le front de Sphinx, acquiescement ?
On parle de Greg avec Miss Papillon, qu'une fille qui danse avec lui, là-bas, lui a fait des avances explicites. Qui a dit qu'il ne voulait pas ressembler à Chaton. Chaton a entendu, il dit qu'effectivement, s'il craque il sera comme lui. Il dit ça naturellement, devant tout le monde. Devant le Troubadour qui n'écoute pas. Mais surtout devant le Lutin qui n'avait jusqu'alors que des doutes.
A l'heure du départ, tout le monde se sépare.
- Tu es verte, me dit Sphinx.
Il n'a pas l'air mieux.
On pose Miss Papillon à une gare, on se promène un moment dans un marché de Noël, on croise des gens. On rentre. Je lui parle. Il s'explique. Elle l'a appelé hier, s'est plainte que je n'avais pas été gentille avec elle.
- Tu rigoles ? Elle te vole à moi et tu voudrais que je fasse ami-ami avec elle ?
- Oui, j'aimerais que vous vous connaissiez un peu mieux. Que vous soyez amies. J'aimerais qu'elle vienne vivre avec nous l'an prochain...
L'an prochain. Le rêve. Notre appartement. Souillé par elle ? Hors de question. Je prends un risque. Un gros risque.
- Non. C'est elle ou moi, mais pas les deux.
- C'est toi, toi que j'aime, c'est d'accord, on vivra que tous les deux.
- Tu ne l'amèneras jamais à la maison ?
- Mais quand tu es pas...
- JAMAIS ! PROMET ! MAINTENANT !
Il a promis. Est-ce qu'il tiendra ?
Une année.
Il prévoit d'y être encore dans une année.
Envolés les projets de changer de boulot depuis leur réconciliation.
Dispute sur la route.
Je ne veux pas lâcher du lest.
J'ai passé une soirée avec elle.
J'aimerais que ça soit la dernière.
Il n'a pas promis.
En rentrant, il change de sujet. Pour se faire pardonner il me fait à manger. Puis nous allons dormir. Dormir. Seulement.
J'ai mal.
Ecrit par Mini-Beille, à 15:30 dans la rubrique Maintenant.
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Vendredi (25/11/11)
Sortie à trois
On se voit beaucoup en ce moment, Chaton, moi et Basilic.
On fait des sorties les trois.
C'est tout naturellement que Chaton a proposé une sortie en boîte à concert jeudi passé, et hier soir.
Jeudi passé, concert génial, des potes en plus.
Hier, 3h avant, sms de Chaton qui propose un apéro chez le collègue Libertin, avec deux-trois potes, de la bière, des chips, avec Basilic. Ça puait déjà un peu, mais bon. 10 minutes avant de partir pour l'apéro :
- Au fait, y aura X (pas encore trouvé de nom, je met le nom de la maîtresse de Chaton au concours, si vous êtes créatifs), et Basilic nous rejoint plus tard.
- Gasp.
Apéro tendu, donc. Entre Libertin, qui s'est tapé X alors qu'il était avec une autre collègue (Des envies parfois, quand on me demande dans quelle boîte bosse Chaton de répondre : "Une boîte à partouze"), Chaton, moi, et trois heureux ignorants. Point positif : J'avais eu le temps de changer de soutif et de mettre le push-up, et elle avait un pantalon de cheval qui lui faisait la culotte.
Ce qui fait chier, c'est qu'elle est sympa. Mais genre vraiment.
Quand ton mec se tape une conasse, c'est moins pire. Enfin je crois. C'est moins pire de se dire que c'est une salope croqueuse d'hommes qu'une fille sympa. Enfin pas sûr. J'avais envie de marquer des points contre elle. J'ai passé la soirée à comparer. Tous les collègues ont dit que ma robe était sympa, que j'avais une belle poitrine (push-up powa), que ça m'allait bien les cheveux rouge foncé. Chaton flirtait ouvertement avec elle devant tout le monde. Personne n'a eu l'air gêné de la situation.
Les hommes à la bière, les filles au vin (une troisième, petite-amie d'un collègue en plus, j'ai pas retenu si c'était l'officielle ou pas). On a bu le même vin, celui de la même bouteille. Elle m'a complimentée sur ma robe. Elle m'a ajoutée comme amie sur Facebook.
Avec Chaton, on est partis devant, rejoindre Basilic qui finalement s'était endormi et n'est arrivé qu'à minuit.
Les autres nous ont rejoint après, j'ai payé une tournée. Elle était fauchée. J'ai dansé comme une malade (pour danser bien, en boîte, faut prendre de la place, et changer de position en rythme, selon la vidéo des anglais. C'est pas si difficile, en fait), les collègues ont dit que j'assurais à mort, Chaton était fier de moi. Elle est allée s'asseoir.
Dans les couloirs, entre les salles, j'ai croisé des gens que je connaissais. Matloup, qui avait flashé sur moi dans un festival où on bossait cet été. Il me l'avait dit que après, sur Facebook. Une copine qui est gérante du bar et des bénévoles en partie.
Elle est partie, avant minuit, Chaton ne s'occupait plus d'elle. Je l'ai même pas vue partir. Je m'amusais comme une folle.
On est allés chercher Basilic à l'entrée, on avait son billet. Et la soirée s'est terminée tout bien.
J'ai recroisé Ombre, mon premier, celui avec qui je n'aurai passé qu'une nuit. Il avait une chérie un temps après, il semble qu'il ne l'ait plus. Il avait l'air triste hier. On l'a posé chez lui en rentrant, plus haut dans le village. J'l'ai pris dans mes bras pour lui dire au revoir. Brièvement. Il avait l'air de vouloir dire quelque chose. Je suis re-rentrée dans la voiture.
Et ce soir, ce soir, réunis dans une même soirée de Chaton, du Sphinx et du Lutin.
On fait des sorties les trois.
C'est tout naturellement que Chaton a proposé une sortie en boîte à concert jeudi passé, et hier soir.
Jeudi passé, concert génial, des potes en plus.
Hier, 3h avant, sms de Chaton qui propose un apéro chez le collègue Libertin, avec deux-trois potes, de la bière, des chips, avec Basilic. Ça puait déjà un peu, mais bon. 10 minutes avant de partir pour l'apéro :
- Au fait, y aura X (pas encore trouvé de nom, je met le nom de la maîtresse de Chaton au concours, si vous êtes créatifs), et Basilic nous rejoint plus tard.
- Gasp.
Apéro tendu, donc. Entre Libertin, qui s'est tapé X alors qu'il était avec une autre collègue (Des envies parfois, quand on me demande dans quelle boîte bosse Chaton de répondre : "Une boîte à partouze"), Chaton, moi, et trois heureux ignorants. Point positif : J'avais eu le temps de changer de soutif et de mettre le push-up, et elle avait un pantalon de cheval qui lui faisait la culotte.
Ce qui fait chier, c'est qu'elle est sympa. Mais genre vraiment.
Quand ton mec se tape une conasse, c'est moins pire. Enfin je crois. C'est moins pire de se dire que c'est une salope croqueuse d'hommes qu'une fille sympa. Enfin pas sûr. J'avais envie de marquer des points contre elle. J'ai passé la soirée à comparer. Tous les collègues ont dit que ma robe était sympa, que j'avais une belle poitrine (push-up powa), que ça m'allait bien les cheveux rouge foncé. Chaton flirtait ouvertement avec elle devant tout le monde. Personne n'a eu l'air gêné de la situation.
Les hommes à la bière, les filles au vin (une troisième, petite-amie d'un collègue en plus, j'ai pas retenu si c'était l'officielle ou pas). On a bu le même vin, celui de la même bouteille. Elle m'a complimentée sur ma robe. Elle m'a ajoutée comme amie sur Facebook.
Avec Chaton, on est partis devant, rejoindre Basilic qui finalement s'était endormi et n'est arrivé qu'à minuit.
Les autres nous ont rejoint après, j'ai payé une tournée. Elle était fauchée. J'ai dansé comme une malade (pour danser bien, en boîte, faut prendre de la place, et changer de position en rythme, selon la vidéo des anglais. C'est pas si difficile, en fait), les collègues ont dit que j'assurais à mort, Chaton était fier de moi. Elle est allée s'asseoir.
Dans les couloirs, entre les salles, j'ai croisé des gens que je connaissais. Matloup, qui avait flashé sur moi dans un festival où on bossait cet été. Il me l'avait dit que après, sur Facebook. Une copine qui est gérante du bar et des bénévoles en partie.
Elle est partie, avant minuit, Chaton ne s'occupait plus d'elle. Je l'ai même pas vue partir. Je m'amusais comme une folle.
On est allés chercher Basilic à l'entrée, on avait son billet. Et la soirée s'est terminée tout bien.
J'ai recroisé Ombre, mon premier, celui avec qui je n'aurai passé qu'une nuit. Il avait une chérie un temps après, il semble qu'il ne l'ait plus. Il avait l'air triste hier. On l'a posé chez lui en rentrant, plus haut dans le village. J'l'ai pris dans mes bras pour lui dire au revoir. Brièvement. Il avait l'air de vouloir dire quelque chose. Je suis re-rentrée dans la voiture.
Et ce soir, ce soir, réunis dans une même soirée de Chaton, du Sphinx et du Lutin.
Ecrit par Mini-Beille, à 17:15 dans la rubrique Maintenant.
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Mardi (22/11/11)
Feinter le Renard
Renard est en cours avec moi cette année. Brusque envie de reprendre des études à 40 ans, malgré son boulot deux fois mieux payé que la moyenne.
On discute de temps en temps à la cafétéria, entre deux cours. Je lui donne mes tuyaux pour survivre, il propose d'autres manières de réfléchir. On parle de l'asso de danse, aussi. Souvent.
Il est toujours contre les idées du Lutin, et moi je suis souvent pour. De temps en temps il se méfie, et je détourne ses soupçons comme je peux. Expliquer pourquoi j'échange plusieurs mails quotidiennement avec lui, pourquoi il est souvent chez moi, à sonner, à boire un café, à passer.
Il est fin Renard. Il ne se laisse pas berner, je crois, j'ai peur.
Toujours contre le Lutin en discussion pour l'asso, je crois qu'il essaye de le favoriser pour moi. Pourquoi toujours me parler de lui en mal, sachant que je vais le défendre pour nos opinions partagées ? Pourquoi nous laisser en tête à tête lors de nos réunions en trio ? S'il était venu la semaine passée, il n'y aurait pas eu de place pour l'accident.
Manipulateur.
Il est très franc quand on le regarde, très sympa très ouvert. Mais très tranché aussi.
Très à dire "Oui, tu as raison mais..." Et le doute s'installe, et le vote s'inverse. Basilic lui fait confiance aveuglément, moi je m'en méfie de base. Ami, proche, pote, oui. On partage de la danse, des apéros, de la musique, mais pas nos opinions. Quand il me propose une solution, je commence par chercher son intérêt, et souvent il n'est pas loin.
Je ne lui fais pas confiance.
J'ai peur qu'il ait découvert le Lutin, et Chaton, et Sphinx. Dans l'ordre de peur de découverte. Je me méfie. Si un jour le couperet tombe, j'ai peur que ce soit de sa main. J'ai peur qu'il n'ait rien dit car il n'y a pas encore trouvé mon intérêt, mais qu'il n'hésitera pas à s'en servir le jour où il veut me forcer la décision.
Hier Nati a appelé, elle a lu, on a parlé. Elle me manquait, terriblement. Je parle toujours des choses après coup, les choses graves. Je n'arrive pas à en parler tout de suite, il faut d'abord que je digère la chose.
Ce matin, mail du Lutin, des excuses encore. Des excuses pour ce qu'il a dit, pour ce qu'il va dire.
"Pardonne-moi. Tu ne me réponds pas, je me dis que tu es occupée, j'ai peur que tu me haïsses. Ta peine, ta haine, je la mérite, je la redoute. Je brave ma peur, il faut que je t'écrive, il faut que je te dise, tout ce que je pense, tout ce que je ressens.
Tu es trop bonne pour rester insensible à mon malheur. Ma violence intérieur fond devant ta douceur, de loup je me fais agneau, sur un geste, un mot, un regard. Tu es le soleil dans la nuit de ma vie, mon coeur qui bat dans un corps presque mort. Depuis ce baiser je ne rêve que de toi, de ta peau douce, de ta bouche brûlante, de ta faim d'amour. Tu sembles affamée devant cet homme qui se refuse à toi, devant cet homme que j'envie.
Je donnerais tout ce que j'ai, je souffrirais mille morts pour que tu m'aimes comme lui. Il ne connaît pas sa chance, il te repousse alors que tant d'autres rêveraient de te posséder. Il a ton coeur et il le piétine alors que tu as besoin de tant de douceur. J'aimerais tant faire ton bonheur, te soulager, te soutenir, quand je vois le malheur qui tombe sur toi. Je continue de t'offrir mon coeur, en espérant qu'un jour tu en voudras."
Ses mots me font du mal. Il me connaît trop bien, il lit presque mes pensées. Je ne suis pas insensible à sa douleur, j'ai de l'amitié pour lui et ça me blesse de le voir souffrir. Je ne peux pas céder. Pour Millie je ne peux pas céder. Il a raison sur ma faim, sur ma douleur. Mais deux malheureux ne sont pas plus heureux en conjuguant leurs malheurs.
Je ne répondrai pas. Je lui écrirai juste que j'ai demandé à Renard de nous accompagner pour la semaine prochaine, pour la musique, sans mentionner rien d'autre. Un autre mail, un autre contenu. Lui signifier que je veux bien le voir, mais pas seul à seul.
Renard chaperon.
Est-ce une bonne idée ?
La dernière fois qu'il aurait dû nous chaperonner, le Lutin a mangé chez lui, mais il n'est pas venu. Il m'a abandonnée. J'ai failli.
Que se sont-ils dit dans ce repas ?
Renard, le tireur de ficelles, le maître des marionnettes connaît-il le secret du Lutin ? A-t-il délibérément fait miroiter un chaperon pour mieux nous laisser seuls au dernier moment, sans possibilité de faire machine arrière, sans moyen de trouver un remplaçant ? Ont-ils planifié tout cela ? Si je le rencarde va-t-il à nouveau nous livrer à nous-mêmes ?
On ne peut pas prévoir, on ne peut que faire au mieux.
Et rester en alerte.
On discute de temps en temps à la cafétéria, entre deux cours. Je lui donne mes tuyaux pour survivre, il propose d'autres manières de réfléchir. On parle de l'asso de danse, aussi. Souvent.
Il est toujours contre les idées du Lutin, et moi je suis souvent pour. De temps en temps il se méfie, et je détourne ses soupçons comme je peux. Expliquer pourquoi j'échange plusieurs mails quotidiennement avec lui, pourquoi il est souvent chez moi, à sonner, à boire un café, à passer.
Il est fin Renard. Il ne se laisse pas berner, je crois, j'ai peur.
Toujours contre le Lutin en discussion pour l'asso, je crois qu'il essaye de le favoriser pour moi. Pourquoi toujours me parler de lui en mal, sachant que je vais le défendre pour nos opinions partagées ? Pourquoi nous laisser en tête à tête lors de nos réunions en trio ? S'il était venu la semaine passée, il n'y aurait pas eu de place pour l'accident.
Manipulateur.
Il est très franc quand on le regarde, très sympa très ouvert. Mais très tranché aussi.
Très à dire "Oui, tu as raison mais..." Et le doute s'installe, et le vote s'inverse. Basilic lui fait confiance aveuglément, moi je m'en méfie de base. Ami, proche, pote, oui. On partage de la danse, des apéros, de la musique, mais pas nos opinions. Quand il me propose une solution, je commence par chercher son intérêt, et souvent il n'est pas loin.
Je ne lui fais pas confiance.
J'ai peur qu'il ait découvert le Lutin, et Chaton, et Sphinx. Dans l'ordre de peur de découverte. Je me méfie. Si un jour le couperet tombe, j'ai peur que ce soit de sa main. J'ai peur qu'il n'ait rien dit car il n'y a pas encore trouvé mon intérêt, mais qu'il n'hésitera pas à s'en servir le jour où il veut me forcer la décision.
Hier Nati a appelé, elle a lu, on a parlé. Elle me manquait, terriblement. Je parle toujours des choses après coup, les choses graves. Je n'arrive pas à en parler tout de suite, il faut d'abord que je digère la chose.
Ce matin, mail du Lutin, des excuses encore. Des excuses pour ce qu'il a dit, pour ce qu'il va dire.
"Pardonne-moi. Tu ne me réponds pas, je me dis que tu es occupée, j'ai peur que tu me haïsses. Ta peine, ta haine, je la mérite, je la redoute. Je brave ma peur, il faut que je t'écrive, il faut que je te dise, tout ce que je pense, tout ce que je ressens.
Tu es trop bonne pour rester insensible à mon malheur. Ma violence intérieur fond devant ta douceur, de loup je me fais agneau, sur un geste, un mot, un regard. Tu es le soleil dans la nuit de ma vie, mon coeur qui bat dans un corps presque mort. Depuis ce baiser je ne rêve que de toi, de ta peau douce, de ta bouche brûlante, de ta faim d'amour. Tu sembles affamée devant cet homme qui se refuse à toi, devant cet homme que j'envie.
Je donnerais tout ce que j'ai, je souffrirais mille morts pour que tu m'aimes comme lui. Il ne connaît pas sa chance, il te repousse alors que tant d'autres rêveraient de te posséder. Il a ton coeur et il le piétine alors que tu as besoin de tant de douceur. J'aimerais tant faire ton bonheur, te soulager, te soutenir, quand je vois le malheur qui tombe sur toi. Je continue de t'offrir mon coeur, en espérant qu'un jour tu en voudras."
Ses mots me font du mal. Il me connaît trop bien, il lit presque mes pensées. Je ne suis pas insensible à sa douleur, j'ai de l'amitié pour lui et ça me blesse de le voir souffrir. Je ne peux pas céder. Pour Millie je ne peux pas céder. Il a raison sur ma faim, sur ma douleur. Mais deux malheureux ne sont pas plus heureux en conjuguant leurs malheurs.
Je ne répondrai pas. Je lui écrirai juste que j'ai demandé à Renard de nous accompagner pour la semaine prochaine, pour la musique, sans mentionner rien d'autre. Un autre mail, un autre contenu. Lui signifier que je veux bien le voir, mais pas seul à seul.
Renard chaperon.
Est-ce une bonne idée ?
La dernière fois qu'il aurait dû nous chaperonner, le Lutin a mangé chez lui, mais il n'est pas venu. Il m'a abandonnée. J'ai failli.
Que se sont-ils dit dans ce repas ?
Renard, le tireur de ficelles, le maître des marionnettes connaît-il le secret du Lutin ? A-t-il délibérément fait miroiter un chaperon pour mieux nous laisser seuls au dernier moment, sans possibilité de faire machine arrière, sans moyen de trouver un remplaçant ? Ont-ils planifié tout cela ? Si je le rencarde va-t-il à nouveau nous livrer à nous-mêmes ?
On ne peut pas prévoir, on ne peut que faire au mieux.
Et rester en alerte.
Ecrit par Mini-Beille, à 17:13 dans la rubrique Maintenant.
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Lundi (21/11/11)
Encore et encore...
Je n'en sortirai jamais.
Depuis que le Lutin a compris que je ne couchais pas avec le Sphinx, il revient à la charge. De son côté, Chaton ne me regarde plus. Il m'écoute, il m'entend, il passe du temps avec moi, il me soutient, il me fait rire, mais il ne me regarde plus.
Je suis dans la situation de Millie. Sauf que la Mini-Beille bis de Chaton a craqué, avec bien peu d'efforts encore, une collègue de boulot, quelques verres, quelques sorties et tout était dit. Ce à quoi j'ai refusé de céder, ce que j'ai refusé de prendre Millie, une autre me l'a pris.
Depuis février ils se voient. Il vit avec moi, il dort avec moi, il me prend dans ses bras, mais il ne me touche presque plus. J'ai son coeur, elle a son corps.
Je l'ai appris cet été. Suite à une conversation avec un collègue libertin qui me croyait au courant.
- Ben, t'es pas au foot avec Chaton ?
- Ben non, il sort avec X ce soir, le foot c'est demain.
C'est charmant comme manière de l'apprendre. Dur de nier après ça. Il a pas nié. Il a expliqué.
Il a expliqué qu'il m'aime, qu'il veut faire sa vie avec moi, qu'il veut avoir des enfants avec moi. Mais que physiquement ce n'est plus possible. Loin de l'attirer, je le répugne, je ne suis pas assez soignée, je ne fais pas assez attention à moi, je ne suis pas assez fille. Il a le droit de le penser, je ne comprends pas comment il peut penser, mais il le pense.
Je me suis cassé le bras. En festival. Où je suis allée seule, sachant qu'il allait la voir elle. Acte manqué ? Tentative d'attirer l'attention ? Je me suis réfugiée tout le week-end dans les bras et les câlins de Millie et du Sphinx.
Mon bras se répare, mais pas mon coeur. J'ai mal. S'il ne m'aimait plus, je lui dirais de partir faire sa vie avec elle, qu'au moins un de nous deux soit heureux entièrement. Mais il m'aime et il a besoin de moi, et je l'aime aussi. C'est le règlement minimum : Il ne passe pas la nuit chez elle. Il se protège. Si elle tombe enceinte elle ne le garde pas. Il ne l'amène pas en bal, ni chez moi, ni dans la famille. C'est tout ce que j'ai réussi à imposer.
Greg et Miss Papillon me disent que c'est un connard. C'est faux. Je l'aime.
La vie est injuste.
J'ai tenu bon, je n'ai pas failli, je n'ai pas trahi. Ce que j'ai laissé on me le prend.
Et maintenant que je sais, je ne me résous pas à voler non plus. Je pourrais me dire : La vie est injuste, mais c'est la vie, on me vole mon mec, je vole un autre ailleurs. Mais je ne le fais pas. Je pourrais céder au Sphinx, à Miss Papillon, à Marmotte, au Lutin. Mais non.
J'ai arrêté ma contraception. A quoi bon continuer de prendre des hormones qui font grossir, qui donnent la migraine, qui donnent des nodules dans la poitrine ? Ma libido est remontée en flèche. Les frôlements de danse me mettent le coeur en feu. Mais mon activité est moins haute que celle de Greg et Miss Papillon, alors qu'ils ont un Océan Atlantique entre eux depuis un an.
Et là Mardi, erreur, erreur impardonnable.
Dispute, d'abord, pour tout arranger, avec Chaton, juste avant mon cours de danse. Le Lutin vient faire la musique, il passe à la maison, il arrive en pleine dispute. Je ne savais pas qui sonnait, j'ai été ouvrir la porte avec les larmes plein les joues. Il a essuyé mes larmes d'un revers du pouce.
- Eh ben dis donc, c'est la fête !
Il est monté à ma suite. Il a pris un verre avec nous, puis départ pour le cours. Juste lui et moi.
- Nos chéris nous abandonnent, alors on sort ensemble !
- Euh... ou pas...
- C'était pas une proposition...
- J'espère bien !
- Ou presque pas...
Le cours se passe bien, il réagit, à peine je tourne la tête vers lui qu'il sait ce qu'il faut faire. Il m'aide, la collaboration fonctionne. Fonctionne bien. Au moment de proposer une variante à quatre, je le laisse faire.
- Vas-y, c'est toi le spécialiste des trucs à quatre.
Trop tard, je l'ai dit. La fatigue me tue. Tout le monde rigole.
A la fin du cours, tout le monde part, je lui propose, plutôt que d'aller boire un verre au bar du coin et de me ramener ensuite, de me ramener et que je lui offre quelque chose depuis la maison.
Première erreur.
On marche jusqu'à la voiture, il allume une clope, il met une main autour de ma taille. Les militaires du bar nous regardent passer, rigolent après notre passage. Moi en mini-jupe, talons hauts, veste à crânes, lui petit, dégarni, simple. Je ne fais pas de suppositions sur ce pour quoi ils me prennent.
On arrive à la voiture, il attend, il finit sa clope, l'écrase, va la jeter. Il revient, il n'a pas ouvert la porte. Je suis de mon côté, il contourne la voiture, vient vers moi.
- Tu vas pas faire le cliché d'ouvrir la portière quand même, je suis une grande fille.
- Viens là grande fille.
Il me prend dans ses bras. Pas brusquement, gentiment mais fermement. Je me laisse aller un peu, calmée, son odeur me calme. Un peu de douceur. Depuis combien de temps quelqu'un ne m'a pas pris dans ses bras comme ça ? Depuis le bal, deux semaines avant, Sphinx avait passé la soirée à me consoler, à me décrisper. Il sent bon aussi, mais différemment. Il met sa tête dans le creux de mon cou, je sens son haleine de fumée.
- Bordel, mais qu'est-ce que tu fous avec un mec qui te regarde même pas ?
Il pose la question, pas en colère, mais presque comme un soupir. De guerre lasse.
- Espèce de salaud, je fais en me reculant.
On est là, face à face. On se regarde. Il fait nuit. Il fait froid ailleurs que contre lui. Il a pas le droit de poser cette question. Il a pas le droit de me mettre le nez dans mon malheur comme ça. Il a pas le droit de gâcher cette soirée qui se passait si bien. Il a pas le droit, surtout pas lui, de remettre en question mon amour pour Chaton.
Le temps passe, le moment où devant le film tu te dis : bordel, connerie imminente, tout le monde se calme, et maintenant on se recule gentiment.
Les gens dans le film ne le font jamais. Ils s'embrassent.
Nous aussi.
C'était bon. Des lèvres douces, exigeantes, brûlantes, parfumées au tabac. Je n'avais pas pu le sentir l'autre fois, trop terrifiée, trop choquée.
Je n'avais jamais été embrassée comme ça.
Et tout à coup, la sonnette d'alarme. Bip. Bip. Bip. Connerie. Connerie. Connerie.
Je l'ai repoussé. Sans trop de ménagement. Sans laisser le temps au temps d'aller jusqu'au bout. Il n'a pas essayé de revenir.
- Je m'excuse, j'aurais pas dû.
- Chhht, c'est bon, il murmure, ne t'inquiète pas.
Il me garde dans ses bras un moment, mais même ça ça devient trop.
- J'suis désolée... c'est... c'est mal... C'est un moment de faiblesse. Je perds mes mots. Je sais pas quoi dire.
- T'inquiète pas, il est calme, il est rassurant. J'veux pas abuser de ta faiblesse, c'est pas le but. Ça arrive à tout le monde de craquer de temps en temps.
Il me caresse encore le dos pour me calmer, il me relâche.
- J'suis vraiment désolée, j'ai pas réfléchi et...
On prend la voiture, coupure. Pas de main sur mon genou, pas de sourire en coin, pas de clins d'oeil. Il est normal. Chez moi je lui offre à boire. On discute du cours, il me fait des compliments sur ma gestion du stress qui s'améliore, sur ma pédagogie. On parle de tout, sauf de ce qui s'est passé. A croire qu'il ne s'est rien passé.
J'efface son goût par le rhum, je me désinfecte.Chaton arrive, il discute un moment avec nous. Puis c'est le moment que le Lutin remonte la colline. Il nous dit au revoir. Pas d'étreinte, pas de baisers supplémentaires.
Le mercredi des mails. De l'administratif, rien de personnel. C'est son anniversaire, mais je ne le lui souhaite pas.
Vendredi, bal, il joue, avec Millie. Entre-temps j'ai changé de couleur de cheveux, rouge. Une robe noire, ajustée, un collier rouge, c'est la gloire.
Quand on arrive, il me prend dans ses bras, il dit que je sens bon, que j'ai minci, que mes cheveux sont magnifiques. Je fais un câlin à Millie, c'est son anniversaire à elle.
Ils jouent, pas de danse donc, qui risquerait de basculer. Mais après la musique, il vient vers moi.
- Il faut qu'on parle.
- ...
- De mardi.
- Il ne s'est rien passé mardi. Je nie.
- J'aime bien quand il ne se passe rien, moi.
L'oeil malicieux est de retour. C'est terrible.
Il pose une main sur ma taille.
- Tu perds de plus en plus de poids, dis.
Je suis assez fière de ma perte, j'avoue.
- Heureusement, ça ça ne disparaît pas.
Joignant le geste à la parole, il m'embrasse entre le collier et la limite du décolleté. Je le repousse, violemment, à 1 m de moi.
Grizzly derrière moi, qui a suivi son petit manège dit :
- Bon c'est bon ? Vous avez fini là ?
- Non, on commence à peine. Fait le Lutin.
- Ben commence tout seul, t'ira pas très loin.
Je m'en vais, je vais à l'autre bout de la pièce. S'il veut me suivre il s'expose aux foudres de tous les amis présents.
Au moment de partir, je ne vais pas vers lui, je l'ignore. Il vient vers moi, me bise correctement. Le lendemain, je pars avec Grizzly et Miss Papillon. 5h de route. Chaton ne nous accompagne pas. Il se réserve le droit de passer des week-ends entre collègues quand je pars danser avec des amis.
A midi sur ma boîte, mail du Lutin :
"Je suis désolé pour hier soir, c'est venu tout seul, j'ai pas réussi à m'empêcher. Pardonne-moi, je t'en prie, je n'aime pas te mettre en colère. Je pense à toi bien fort, bon week-end."
A 19h :
"Journée fatigante de musique et danse. J'espère que tu ne m'en veux plus pour hier. Danse un peu pour moi ce soir, je dormirai un peu avec toi."
Réponse : "C'est bon, c'est oublié, tu m'as surprise. J'aimerais que tu ne recommences plus. Je n'aime pas ça. Arrête. P.S. Quand je danse c'est pour moi seulement."
Dimanche midi :
"Si tu ne te souviens pas de ton rêve, j'y étais peut-être. Toi tu étais dans les miens en tout cas. J'ai revécu en rêve ton cadeau d'anniversaire en avance, à moins que ça ne soit un rêve prémonitoire ;) J'ai dû me calmer avant de sortir de ma chambre. Je pense à toi, à bientôt !"
Réponse : "Je me souviens très bien de mon rêve et je suis sûre que tu n'y étais pas. Je ne vois pas de quel cadeau tu parles, je ne t'ai rien offert depuis Noël l'an passé. Ton avant-dernière remarque est carrément obscène, je ne veux plus que tu m'écrives des choses pareilles."
Dimanche soir :
"Je suis désolé, mes doigts ont dépassé ma pensée, tu as raison, c'est obscène. Mais je n'y peux rien si je pense à toi. Où que je regarde je vois ton portrait gravé dans le sol, sur le mur de ma chambre et de la ville. J'entends ta voix dans la sonnerie du téléphone et dans le chant des oiseaux. Je sens ton odeur sur mes vêtements quand on danse ensemble, sur ton écharpe bleue que tu as oublié il y a quelques mois. J'ai beau essayer d'arrêter de penser à toi ce n'est plus possible, ce n'est pas vivable, il faudrait que je sois sourd et insensible à tout ce qui m'entoure, même à mes propres pensées. Reviens-moi vite."
Lundi matin :
"Je suis désolé, je t'ai encore fâchée, ce n'était pas voulu. Je sais plus comment faire, je sais plus comment te dire, je préfère emprunter des mots et te les laisser écouter à distance...http://www.youtube.com/watch?v=sylTRE5UMro"
Réponse :
"Désolée de pas être devant mon ordi comme un chien devant sa gamelle attendant ses croquettes, mais j'ai une vie en-dehors du clavier, tu sais. http://www.youtube.com/watch?v=5Uk3y_xY3Kw "
Lundi midi :
"Jamais je ne pourrai t'oublier, ne me regarde pas, ne m'écoute pas si ça te chante. Ta présence même est une provocation. Ta beauté fait se cacher les toiles du musée sur ton passage. Ta voix fait se taire les oiseaux pour t'écouter. Un jour tu verras à quel point ton mec est un con, un aveugle, il veut te partager, il le dit, laisse-toi aller, laisse-toi caresser par ceux qui t'aiment, t'admirent et n'aspirent qu'à toi. http://www.youtube.com/watch?v=RctmbNO3Cqo "
Je n'ai pas répondu. Dangereuse correspondance. Je ne supporte pas qu'on insulte mon amour. Même s'il me blesse, même s'il me fait du mal. Ce n'est pas en insultant et en se comportant comme celui qui me blesse qu'il se montrera meilleur que lui.
J'ai craqué une fois, j'ai lâché la pression, et je n'aurais pas dû.
Millie ne le sait visiblement pas. Et je prie.
1) Pour que cela ne se reproduise jamais.
2) Pour qu'elle ne l'apprenne jamais.
Je ne suis pas mieux que celle qui m'emprunte mon Chaton. Je n'ai pas d'excuses. Je n'en cherche pas. Je suis coupable. Ce n'est pas parce que j'ai craqué après que je suis moins coupable.
Mon corps me brûle.
Mon coeur se tord.
Mais je ne faillirai plus.
Depuis que le Lutin a compris que je ne couchais pas avec le Sphinx, il revient à la charge. De son côté, Chaton ne me regarde plus. Il m'écoute, il m'entend, il passe du temps avec moi, il me soutient, il me fait rire, mais il ne me regarde plus.
Je suis dans la situation de Millie. Sauf que la Mini-Beille bis de Chaton a craqué, avec bien peu d'efforts encore, une collègue de boulot, quelques verres, quelques sorties et tout était dit. Ce à quoi j'ai refusé de céder, ce que j'ai refusé de prendre Millie, une autre me l'a pris.
Depuis février ils se voient. Il vit avec moi, il dort avec moi, il me prend dans ses bras, mais il ne me touche presque plus. J'ai son coeur, elle a son corps.
Je l'ai appris cet été. Suite à une conversation avec un collègue libertin qui me croyait au courant.
- Ben, t'es pas au foot avec Chaton ?
- Ben non, il sort avec X ce soir, le foot c'est demain.
C'est charmant comme manière de l'apprendre. Dur de nier après ça. Il a pas nié. Il a expliqué.
Il a expliqué qu'il m'aime, qu'il veut faire sa vie avec moi, qu'il veut avoir des enfants avec moi. Mais que physiquement ce n'est plus possible. Loin de l'attirer, je le répugne, je ne suis pas assez soignée, je ne fais pas assez attention à moi, je ne suis pas assez fille. Il a le droit de le penser, je ne comprends pas comment il peut penser, mais il le pense.
Je me suis cassé le bras. En festival. Où je suis allée seule, sachant qu'il allait la voir elle. Acte manqué ? Tentative d'attirer l'attention ? Je me suis réfugiée tout le week-end dans les bras et les câlins de Millie et du Sphinx.
Mon bras se répare, mais pas mon coeur. J'ai mal. S'il ne m'aimait plus, je lui dirais de partir faire sa vie avec elle, qu'au moins un de nous deux soit heureux entièrement. Mais il m'aime et il a besoin de moi, et je l'aime aussi. C'est le règlement minimum : Il ne passe pas la nuit chez elle. Il se protège. Si elle tombe enceinte elle ne le garde pas. Il ne l'amène pas en bal, ni chez moi, ni dans la famille. C'est tout ce que j'ai réussi à imposer.
Greg et Miss Papillon me disent que c'est un connard. C'est faux. Je l'aime.
La vie est injuste.
J'ai tenu bon, je n'ai pas failli, je n'ai pas trahi. Ce que j'ai laissé on me le prend.
Et maintenant que je sais, je ne me résous pas à voler non plus. Je pourrais me dire : La vie est injuste, mais c'est la vie, on me vole mon mec, je vole un autre ailleurs. Mais je ne le fais pas. Je pourrais céder au Sphinx, à Miss Papillon, à Marmotte, au Lutin. Mais non.
J'ai arrêté ma contraception. A quoi bon continuer de prendre des hormones qui font grossir, qui donnent la migraine, qui donnent des nodules dans la poitrine ? Ma libido est remontée en flèche. Les frôlements de danse me mettent le coeur en feu. Mais mon activité est moins haute que celle de Greg et Miss Papillon, alors qu'ils ont un Océan Atlantique entre eux depuis un an.
Et là Mardi, erreur, erreur impardonnable.
Dispute, d'abord, pour tout arranger, avec Chaton, juste avant mon cours de danse. Le Lutin vient faire la musique, il passe à la maison, il arrive en pleine dispute. Je ne savais pas qui sonnait, j'ai été ouvrir la porte avec les larmes plein les joues. Il a essuyé mes larmes d'un revers du pouce.
- Eh ben dis donc, c'est la fête !
Il est monté à ma suite. Il a pris un verre avec nous, puis départ pour le cours. Juste lui et moi.
- Nos chéris nous abandonnent, alors on sort ensemble !
- Euh... ou pas...
- C'était pas une proposition...
- J'espère bien !
- Ou presque pas...
Le cours se passe bien, il réagit, à peine je tourne la tête vers lui qu'il sait ce qu'il faut faire. Il m'aide, la collaboration fonctionne. Fonctionne bien. Au moment de proposer une variante à quatre, je le laisse faire.
- Vas-y, c'est toi le spécialiste des trucs à quatre.
Trop tard, je l'ai dit. La fatigue me tue. Tout le monde rigole.
A la fin du cours, tout le monde part, je lui propose, plutôt que d'aller boire un verre au bar du coin et de me ramener ensuite, de me ramener et que je lui offre quelque chose depuis la maison.
Première erreur.
On marche jusqu'à la voiture, il allume une clope, il met une main autour de ma taille. Les militaires du bar nous regardent passer, rigolent après notre passage. Moi en mini-jupe, talons hauts, veste à crânes, lui petit, dégarni, simple. Je ne fais pas de suppositions sur ce pour quoi ils me prennent.
On arrive à la voiture, il attend, il finit sa clope, l'écrase, va la jeter. Il revient, il n'a pas ouvert la porte. Je suis de mon côté, il contourne la voiture, vient vers moi.
- Tu vas pas faire le cliché d'ouvrir la portière quand même, je suis une grande fille.
- Viens là grande fille.
Il me prend dans ses bras. Pas brusquement, gentiment mais fermement. Je me laisse aller un peu, calmée, son odeur me calme. Un peu de douceur. Depuis combien de temps quelqu'un ne m'a pas pris dans ses bras comme ça ? Depuis le bal, deux semaines avant, Sphinx avait passé la soirée à me consoler, à me décrisper. Il sent bon aussi, mais différemment. Il met sa tête dans le creux de mon cou, je sens son haleine de fumée.
- Bordel, mais qu'est-ce que tu fous avec un mec qui te regarde même pas ?
Il pose la question, pas en colère, mais presque comme un soupir. De guerre lasse.
- Espèce de salaud, je fais en me reculant.
On est là, face à face. On se regarde. Il fait nuit. Il fait froid ailleurs que contre lui. Il a pas le droit de poser cette question. Il a pas le droit de me mettre le nez dans mon malheur comme ça. Il a pas le droit de gâcher cette soirée qui se passait si bien. Il a pas le droit, surtout pas lui, de remettre en question mon amour pour Chaton.
Le temps passe, le moment où devant le film tu te dis : bordel, connerie imminente, tout le monde se calme, et maintenant on se recule gentiment.
Les gens dans le film ne le font jamais. Ils s'embrassent.
Nous aussi.
C'était bon. Des lèvres douces, exigeantes, brûlantes, parfumées au tabac. Je n'avais pas pu le sentir l'autre fois, trop terrifiée, trop choquée.
Je n'avais jamais été embrassée comme ça.
Et tout à coup, la sonnette d'alarme. Bip. Bip. Bip. Connerie. Connerie. Connerie.
Je l'ai repoussé. Sans trop de ménagement. Sans laisser le temps au temps d'aller jusqu'au bout. Il n'a pas essayé de revenir.
- Je m'excuse, j'aurais pas dû.
- Chhht, c'est bon, il murmure, ne t'inquiète pas.
Il me garde dans ses bras un moment, mais même ça ça devient trop.
- J'suis désolée... c'est... c'est mal... C'est un moment de faiblesse. Je perds mes mots. Je sais pas quoi dire.
- T'inquiète pas, il est calme, il est rassurant. J'veux pas abuser de ta faiblesse, c'est pas le but. Ça arrive à tout le monde de craquer de temps en temps.
Il me caresse encore le dos pour me calmer, il me relâche.
- J'suis vraiment désolée, j'ai pas réfléchi et...
On prend la voiture, coupure. Pas de main sur mon genou, pas de sourire en coin, pas de clins d'oeil. Il est normal. Chez moi je lui offre à boire. On discute du cours, il me fait des compliments sur ma gestion du stress qui s'améliore, sur ma pédagogie. On parle de tout, sauf de ce qui s'est passé. A croire qu'il ne s'est rien passé.
J'efface son goût par le rhum, je me désinfecte.Chaton arrive, il discute un moment avec nous. Puis c'est le moment que le Lutin remonte la colline. Il nous dit au revoir. Pas d'étreinte, pas de baisers supplémentaires.
Le mercredi des mails. De l'administratif, rien de personnel. C'est son anniversaire, mais je ne le lui souhaite pas.
Vendredi, bal, il joue, avec Millie. Entre-temps j'ai changé de couleur de cheveux, rouge. Une robe noire, ajustée, un collier rouge, c'est la gloire.
Quand on arrive, il me prend dans ses bras, il dit que je sens bon, que j'ai minci, que mes cheveux sont magnifiques. Je fais un câlin à Millie, c'est son anniversaire à elle.
Ils jouent, pas de danse donc, qui risquerait de basculer. Mais après la musique, il vient vers moi.
- Il faut qu'on parle.
- ...
- De mardi.
- Il ne s'est rien passé mardi. Je nie.
- J'aime bien quand il ne se passe rien, moi.
L'oeil malicieux est de retour. C'est terrible.
Il pose une main sur ma taille.
- Tu perds de plus en plus de poids, dis.
Je suis assez fière de ma perte, j'avoue.
- Heureusement, ça ça ne disparaît pas.
Joignant le geste à la parole, il m'embrasse entre le collier et la limite du décolleté. Je le repousse, violemment, à 1 m de moi.
Grizzly derrière moi, qui a suivi son petit manège dit :
- Bon c'est bon ? Vous avez fini là ?
- Non, on commence à peine. Fait le Lutin.
- Ben commence tout seul, t'ira pas très loin.
Je m'en vais, je vais à l'autre bout de la pièce. S'il veut me suivre il s'expose aux foudres de tous les amis présents.
Au moment de partir, je ne vais pas vers lui, je l'ignore. Il vient vers moi, me bise correctement. Le lendemain, je pars avec Grizzly et Miss Papillon. 5h de route. Chaton ne nous accompagne pas. Il se réserve le droit de passer des week-ends entre collègues quand je pars danser avec des amis.
A midi sur ma boîte, mail du Lutin :
"Je suis désolé pour hier soir, c'est venu tout seul, j'ai pas réussi à m'empêcher. Pardonne-moi, je t'en prie, je n'aime pas te mettre en colère. Je pense à toi bien fort, bon week-end."
A 19h :
"Journée fatigante de musique et danse. J'espère que tu ne m'en veux plus pour hier. Danse un peu pour moi ce soir, je dormirai un peu avec toi."
Réponse : "C'est bon, c'est oublié, tu m'as surprise. J'aimerais que tu ne recommences plus. Je n'aime pas ça. Arrête. P.S. Quand je danse c'est pour moi seulement."
Dimanche midi :
"Si tu ne te souviens pas de ton rêve, j'y étais peut-être. Toi tu étais dans les miens en tout cas. J'ai revécu en rêve ton cadeau d'anniversaire en avance, à moins que ça ne soit un rêve prémonitoire ;) J'ai dû me calmer avant de sortir de ma chambre. Je pense à toi, à bientôt !"
Réponse : "Je me souviens très bien de mon rêve et je suis sûre que tu n'y étais pas. Je ne vois pas de quel cadeau tu parles, je ne t'ai rien offert depuis Noël l'an passé. Ton avant-dernière remarque est carrément obscène, je ne veux plus que tu m'écrives des choses pareilles."
Dimanche soir :
"Je suis désolé, mes doigts ont dépassé ma pensée, tu as raison, c'est obscène. Mais je n'y peux rien si je pense à toi. Où que je regarde je vois ton portrait gravé dans le sol, sur le mur de ma chambre et de la ville. J'entends ta voix dans la sonnerie du téléphone et dans le chant des oiseaux. Je sens ton odeur sur mes vêtements quand on danse ensemble, sur ton écharpe bleue que tu as oublié il y a quelques mois. J'ai beau essayer d'arrêter de penser à toi ce n'est plus possible, ce n'est pas vivable, il faudrait que je sois sourd et insensible à tout ce qui m'entoure, même à mes propres pensées. Reviens-moi vite."
Lundi matin :
"Je suis désolé, je t'ai encore fâchée, ce n'était pas voulu. Je sais plus comment faire, je sais plus comment te dire, je préfère emprunter des mots et te les laisser écouter à distance...http://www.youtube.com/watch?v=sylTRE5UMro"
Réponse :
"Désolée de pas être devant mon ordi comme un chien devant sa gamelle attendant ses croquettes, mais j'ai une vie en-dehors du clavier, tu sais. http://www.youtube.com/watch?v=5Uk3y_xY3Kw "
Lundi midi :
"Jamais je ne pourrai t'oublier, ne me regarde pas, ne m'écoute pas si ça te chante. Ta présence même est une provocation. Ta beauté fait se cacher les toiles du musée sur ton passage. Ta voix fait se taire les oiseaux pour t'écouter. Un jour tu verras à quel point ton mec est un con, un aveugle, il veut te partager, il le dit, laisse-toi aller, laisse-toi caresser par ceux qui t'aiment, t'admirent et n'aspirent qu'à toi. http://www.youtube.com/watch?v=RctmbNO3Cqo "
Je n'ai pas répondu. Dangereuse correspondance. Je ne supporte pas qu'on insulte mon amour. Même s'il me blesse, même s'il me fait du mal. Ce n'est pas en insultant et en se comportant comme celui qui me blesse qu'il se montrera meilleur que lui.
J'ai craqué une fois, j'ai lâché la pression, et je n'aurais pas dû.
Millie ne le sait visiblement pas. Et je prie.
1) Pour que cela ne se reproduise jamais.
2) Pour qu'elle ne l'apprenne jamais.
Je ne suis pas mieux que celle qui m'emprunte mon Chaton. Je n'ai pas d'excuses. Je n'en cherche pas. Je suis coupable. Ce n'est pas parce que j'ai craqué après que je suis moins coupable.
Mon corps me brûle.
Mon coeur se tord.
Mais je ne faillirai plus.
Ecrit par Mini-Beille, à 20:48 dans la rubrique Maintenant.
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Dimanche (30/10/11)
Coup dur
Ma vie est un miroir brisé.
Comment continuer ?
Comment supporter l'insupportable ?
Comment le regarder rentrer en se demandant, toujours ?
Comment partir en week-end en le laissant, seul, ou pas ?
Comment résister aux autres bras, tendus, ouverts, caressants ?
Comment ne pas chercher à oublier, comment se lever tous les jours face à la réalité ?
Croire en l'incroyable, et ne pas penser, ne pas réfléchir, Sim mécanique sans conscience, je t'envie. Ma vie est parfaite, quand on ne sait pas. Mais seulement quand on ne sait pas.
Quand on sait, elle est atroce, terrifiante, pitoyable. Quand on sait.
Fermer, ouvrir les yeux.
Les bras.
Le coeur.
Peur.
Douleur.
Passé. L'avenir n'existe plus. Qu'en rêve. Ou en mensonge.
Mentir pour survivre. Ou partir ?
Bloquée par l'espoir, l'amour.
Souffrir ou mourir.
Comment continuer ?
Comment supporter l'insupportable ?
Comment le regarder rentrer en se demandant, toujours ?
Comment partir en week-end en le laissant, seul, ou pas ?
Comment résister aux autres bras, tendus, ouverts, caressants ?
Comment ne pas chercher à oublier, comment se lever tous les jours face à la réalité ?
Croire en l'incroyable, et ne pas penser, ne pas réfléchir, Sim mécanique sans conscience, je t'envie. Ma vie est parfaite, quand on ne sait pas. Mais seulement quand on ne sait pas.
Quand on sait, elle est atroce, terrifiante, pitoyable. Quand on sait.
Fermer, ouvrir les yeux.
Les bras.
Le coeur.
Peur.
Douleur.
Passé. L'avenir n'existe plus. Qu'en rêve. Ou en mensonge.
Mentir pour survivre. Ou partir ?
Bloquée par l'espoir, l'amour.
Souffrir ou mourir.
Ecrit par Mini-Beille, à 14:49 dans la rubrique Maintenant.
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Mardi (22/02/11)
Reprise des cours
Retour à la normale depuis lundi.
Ecrit par Mini-Beille, à 14:09 dans la rubrique Maintenant.
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Lundi (14/02/11)
Après la Saint Valentin
Pour nous, avec Chaton, la St-Valentin c'est tous les jours.
Alors on essaye, un jour par année de ne pas céder à la tentation.
Cette année c'était bien parti, kebab en famille devant Fringe (notre nouvelle série addictive), 2L de bière triple, pas de prise de tête. Il avait une répétition avec Basilic juste avant de rentrer, on s'est retrouvés devant le kebab.
Puis, quand il est rentré, il a trouvé les roses, une rose, une orangée à bordures rouges et une rouge. Un cadeau de moi. Il ne s'y attendait pas. Et puis, quand on est allés se coucher, il y avait un paquet sur son oreiller. Une bande dessinée, Zarla, ça s'appelle. Une petite guerrière toute mimi.
Et puis ce matin, c'est notre anniversaire, 23 mois qu'il me supporte, chiante et chieuse incessante, humeur changeante, obsédée par mon tour de taille ET par la bouffe (dur à vivre souvent), j'm'en foutiste et cadrée par la société, par les AUTRES dont je fais tant de cas et dont il se moque tant.
Quand je sortais avec des gars déjà casés ailleurs (oui, c'était avant la période grand amour, la super période pétasse, que je ne regrette pas d'ailleurs, sans laquelle je n'aurais pas pu me lâcher, je pense), je faisais un point d'honneur à ne pas les contacter, même innocemment ni le dimanche (jour de la famille) ni les fêtes comme la st-valentin ou autre. Je m'y suis toujours tenue.
L'an passé, le Lutin m'avait envoyé un mail le lendemain, un petit rien, mais des becs tout doux à la fin.
L'année d'avant, avant Chaton, une semaine avant que je rencontre Chaton, il m'avait écrit le 11 pour dire qu'on se voyait le 14 sûrement dans un bal pas loin de chez lui et me proposait de dormir sur la route du retour dans le salon. Le 6 mars encore, il m'envoyait un message, il m'appelait "La Belle de Coeur"
A l'époque, on flirtait. Je flirtais avec lui, sans me soucier réellement des conséquences. Pourtant j'aimais déjà Millie. Relire ces mails, me replonger dans l'époque me fait tourner la tête.
C'est de ma faute, je crois, s'il est accroché comme ça à moi aujourd'hui. Pendant une bonne année je l'ai laissé avancer, je l'ai encouragé même. Samedi Sphinx me dit que je n'y peux rien, mais je n'en suis pas si sûre.
Dans le genre : un problème n'arrive jamais seul : Sphinx a dit qu'il m'aimait aussi. Mais qu'il arrivait à le gérer, et que lui ne me casserait pas la tête comme le Lutin, qu'il acceptait d'être mon ami et juste mon ami.
J'ai des problèmes avec mes amis. Peut-être parce que je ne vois pas de mal à faire des massages du cou et des cheveux aux gens que j'aime bien, ni à leur faire des câlins quand je les vois. J'aime les câlins, les "Hug", j'aime en faire et en recevoir.
Hier le Lutin ne m'a pas envoyé de mail. Mais aujourd'hui on se voit au cours, c'est obligé, je n'ai pas le droit de sécher, Millie a demandé à ce que je vienne pour l'aider.
Il faut que j'arrête de lire ces anciens mails. Je me sens coupable d'avoir écrit tout ça, mais je ne regrette pas pour autant. Si j'en relis encore un, le prochain mail aura la même substance et il ne faut pas.
Alors on essaye, un jour par année de ne pas céder à la tentation.
Cette année c'était bien parti, kebab en famille devant Fringe (notre nouvelle série addictive), 2L de bière triple, pas de prise de tête. Il avait une répétition avec Basilic juste avant de rentrer, on s'est retrouvés devant le kebab.
Puis, quand il est rentré, il a trouvé les roses, une rose, une orangée à bordures rouges et une rouge. Un cadeau de moi. Il ne s'y attendait pas. Et puis, quand on est allés se coucher, il y avait un paquet sur son oreiller. Une bande dessinée, Zarla, ça s'appelle. Une petite guerrière toute mimi.
Et puis ce matin, c'est notre anniversaire, 23 mois qu'il me supporte, chiante et chieuse incessante, humeur changeante, obsédée par mon tour de taille ET par la bouffe (dur à vivre souvent), j'm'en foutiste et cadrée par la société, par les AUTRES dont je fais tant de cas et dont il se moque tant.
Quand je sortais avec des gars déjà casés ailleurs (oui, c'était avant la période grand amour, la super période pétasse, que je ne regrette pas d'ailleurs, sans laquelle je n'aurais pas pu me lâcher, je pense), je faisais un point d'honneur à ne pas les contacter, même innocemment ni le dimanche (jour de la famille) ni les fêtes comme la st-valentin ou autre. Je m'y suis toujours tenue.
L'an passé, le Lutin m'avait envoyé un mail le lendemain, un petit rien, mais des becs tout doux à la fin.
L'année d'avant, avant Chaton, une semaine avant que je rencontre Chaton, il m'avait écrit le 11 pour dire qu'on se voyait le 14 sûrement dans un bal pas loin de chez lui et me proposait de dormir sur la route du retour dans le salon. Le 6 mars encore, il m'envoyait un message, il m'appelait "La Belle de Coeur"
A l'époque, on flirtait. Je flirtais avec lui, sans me soucier réellement des conséquences. Pourtant j'aimais déjà Millie. Relire ces mails, me replonger dans l'époque me fait tourner la tête.
C'est de ma faute, je crois, s'il est accroché comme ça à moi aujourd'hui. Pendant une bonne année je l'ai laissé avancer, je l'ai encouragé même. Samedi Sphinx me dit que je n'y peux rien, mais je n'en suis pas si sûre.
Dans le genre : un problème n'arrive jamais seul : Sphinx a dit qu'il m'aimait aussi. Mais qu'il arrivait à le gérer, et que lui ne me casserait pas la tête comme le Lutin, qu'il acceptait d'être mon ami et juste mon ami.
J'ai des problèmes avec mes amis. Peut-être parce que je ne vois pas de mal à faire des massages du cou et des cheveux aux gens que j'aime bien, ni à leur faire des câlins quand je les vois. J'aime les câlins, les "Hug", j'aime en faire et en recevoir.
Hier le Lutin ne m'a pas envoyé de mail. Mais aujourd'hui on se voit au cours, c'est obligé, je n'ai pas le droit de sécher, Millie a demandé à ce que je vienne pour l'aider.
Il faut que j'arrête de lire ces anciens mails. Je me sens coupable d'avoir écrit tout ça, mais je ne regrette pas pour autant. Si j'en relis encore un, le prochain mail aura la même substance et il ne faut pas.
Ecrit par Mini-Beille, à 12:30 dans la rubrique Maintenant.
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)
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