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Jeudi (08/05/08)
Trop ou enfin assez...
Depuis ce matin, trop de pressions, trop d'heures de travail, mes collègues de séminaire ont voulu commencer fort, avec trois longues heures sur les anthropophages brésiliens. Trop de soleil à midi, trop d'informations, trop de couples autour de moi, moi qui suis seule, encore une fois. Trop de pensées traversent ma tête que je prends à deux mains pour enfin la faire taire, trop de cris, trop de rire, trop de détails dans l'exposé de cet après-midi, trop d'aigus dans la voix de la prof de latin remplaçante.

Puis soudain, un rocher, trois quarts d'heure pour moi, seule, sans personne. Je déroule lentement les fils de mon mp3, je cherche jusqu'à ma musique favorite, et glisse plume, glisse sur la cîme des mots, enroule et déroule mes pensées mieux que ma bouche ne peut le faire, met de l'ordre dans mes pensées éparses et attache-les en un bouquet jolis que je pourrai accrocher à mon corsage pour le reste de la journée. Dessine avec soin ce soleil qui me tue et trace-le, rageuse, d'un coup d'épée funeste. Une petite brise se lève, douce, fraîche, juste ce qu'il faut pour briser le soleil et sa chaleur tuante.

Quelqu'un me parle, un ami, me demande ce je qu'écris : "Tout... et rien". Il reste là, à côté sans demander plus qu'une parcelle de regard, sans m'offrir plus qu'une présence amicale, simple, douce, dans le silence. Il pense aussi, mais moins vite que moi, lui il peut laisser courir ses idées et toujours les rattraper, moi si je les lâche, qui sait où elles iront.

J. est venu, première initiale, il a traversé la France en deux jours, il est là, sa présence réchauffe la maison et me donne l'impression d'être en vacances. Il est simple, sans complexes, sans problèmes, il donne ce qu'il y a à donner et prends ce qu'il y a à prendre, c'est un ami fidèle et cher. Peut-être que c'est ça que je voulais depuis ce matin, un îlot de calme, loin du brouhaha, loin de la clarté aveuglante, loin de mes rêves qui ont fait s'envoler toutes les feuilles de cours sur la mer bleutée, à le recherche de Christophe Colomb, comme des centaines d'oiseaux merveilleux.



Ecrit par Mini-Beille, à 20:02 dans la rubrique Maintenant.
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Mercredi (07/05/08)
Un temps pour chaque chose
Petit matin vaporeux, comme tous les mercredis matins, les seuls où je commence à huit heures, où les vapeurs de café mêxtraient peu à peu des brumes enchantées du sommeil tandis que le soleil donne sa première caresse matinale sur le flanc de la colline. Calm, paix, bonheur de se réveiller une demi-heure avant son réveil et de pouvoir se replonger sans mauvaise conscience dans le sommeil, pourtant agité.

Images étranges, absurdes, recherche du pays imginaire de Peter Pan en suivant l'étoile à gauche (pourtant dans le rêve c'était celle de droite que je suivais peut-être pour ça que je me suis trompée) pour se retrouver dans un verger fleuri, de nuit, sous les étoiles. Des flashs me reviennent sous la douche, avant le petit-déj' car pas le temps après. Un soleil rouge, géant, qui roule le long de la Terre, mais qui ne chauffe presque pas, vision apocalyptique effrayante, et pourtant la vie continuait.

Dans le tram, deux anciennes camarades, qui ont tourné pétasse et me disent à peine bonjour, se moquent de l'appel aux citoyens pour nettoyer les rives du lac. elles disent qu'il n'y a rien à enlever, que tout est nickel vu que personne ne va à la plage en hiver. Moi je sais que ça n'est pas le cas, elles n'ont pas trempé le bas de leur pantalons à trois cents balles sur la plage boueuse, moi si.

Ce genre de filles m'énerve, leur superficialité touchant l'absurde me sidère. Bien sûr j'aime être jolie et bien mise, mais je fais tout de même plus attention à ce qu'il y a dans ma tête qu'à son apparence. Bien sûr, aussi, elle peuvent faire semblant d'avoir des amis (dont elles disent du mal quand ils ne sont pas là, oh monde cruel, faux-jeton et superficiel), mais si elles s'intéressent réellement à quelqu'un, c'est à elles-mêmes.

A quelques secondes près, j'ai obtenu la dernière place assise du cours, coup de chance. C'est toujours quand je suis fatiguée, à bout de nerfs, que ma chance se manifeste, à croire qu'il faudrait que je ne dorme plus pour être sans arrêt chanceuse.

Ma journée d'hier me revient en tête, le cours de danse, les échanges de messages avec l'homme qui m'a mis un râteau, mais avec qui je suis restée amie, la discussion à son propos et à propos de l'homme que j'aime (donc un autre), avec un ami de longue date. Ce dernier serait plus favorable au premier qu'au second, m'ayant fait trop de mal, selon lui, il ne me mérite pas. Mais moi je ne sais pas ce que je dois croire ou non, ce que je dois voir ou non, ce que je dois deviner. Alors j'essaye de ne pas trop faire de probabilités, pour une fois. Là-dessus, le gars qui m'envoie des signaux (un troisième, accrochez-vous il y en a quatre) et à propos duquel j'étais sûre de m'être trompée à ce sujet, recommence à en envoyer...

Je ne sais plus si je les vois parce que je veux les voir, ou parce qu'ils existent vraiment, je ne suis pas désespérée au point de vouloir sortir avec n'importe qui, même un ami, non ? Attendre, encore attendre pour avoir les réponses que je cherche...

J'ai assez attendu sans rien faire, ces derniers temps, et cela ne m'a avancée à rien. Bien sûr les questions continueront de tourner dans ma tête, mais tant que je peux les oublier de temps en temps, et trouver les réponses en leur temps, ça ne me changera pas de tous les jours. Avant de savoir COMMENT, la Terre tournait sur elle-même autour du soleil, j'ai su qu'il y avait un jour et une nuit parce que la Terre tournait sur elle-même, et après j'ai découvert que les étoiles ne bougeaient pas toutes de la même manière, comme un décor figé.

Chaque jour, j'en apprends davantage, alors même si chaque réponse amène toujours une dizaine de questions, je sais qu'en fin de compte, je saurai.

L'air est encore frais, le lac est encore enveloppé dans son duvet vaporeux, les collines fleuries ont encore les yeux embués de brume, mais le soleil monte, au fil des heures, de plus en plus haut, de plus en plus lumineux. Bientôt tout ce flou s'estompera et la journée pourra vraiment commencer, claire, mais chaque chose en son temps. Il faut attendre que le soleil monte, que les heures tournent, à quoi bon attendre dans rien faire, et à quoi bon tenter de faire accélérer le temps ?

En rentrant, je me sens libre, libre et toute-puissante. Je détache mes cheveux pour qu'ils blondissent au soleil grâce à ma mixture citronnée, je laisse mon manteau de lin noir flotter autour de moi dans le vent et, tout en marchant, en flottant presque, portée par la musique, je regarde autour de moi. Ici il fait clair, le présent est sûr et limpide, quoiqu'à quelques mètres de moi les arbres projettent leur ombre sur le sol. Mais de l'autre côté du lac, tout le pays est encore en sommeil, dans des plumes duveteuses, et si je sais assez bien ce qui me concerne, il est vrai que je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de ces quatre hommes avec lesquels mon esprit jongle.

J'achète Elle, j'ai pris l'habitude depuis deux-trois semaines de l'acheter le mercredi et de le relire toute la semaine, dans le tram, je lis mon horoscope, parce que je n'ai pas eu le temps de le lire ce matin dans la Feuille. En gros on me dit de prendre patience, de ne pas essayer de provoquer les choses, mais de les laisser venir à moi. Je cherche les signes, façon Amélie Poulain : si j'ai vu au moins sept (décompte actuel trois) avions avant de rentrer chez moi, un des Quatre (re)viendra vers moi. A peine avais-je pensé ça que, regardant par la fenêtre, quatre, cinq... En sortant du tram six et sept. Alors je me dis, si j'en vois huit, il ne m'aime pas, neuf, il m'aime. En tournant dans ma rue, le huitième vole, un peu dépitée, je me retourne vers le soleil pour trouver la clef au fond de mon sac et, relevant les yeux, neuf.

En même temps je n'ai pas envie d'y croire et que ça ne soit pas vrai et que ça me déçoive, en même temps ça fait plaisir, même si ça n'est pas vrai, et si c'est un autre des Quatre, ça me va aussi. Il ne me reste qu'à attendre pour que les réponses arrivent.


Ecrit par Mini-Beille, à 11:00 dans la rubrique Maintenant.
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Mardi (06/05/08)
Horoscope-girl
Encore un faux réveil, mais volontaire aujourd'hui, je n'avais pas du tout envie de me réveiller à sept heures moins vingt, alors je l'ai fait à dix heures moins vingt. Mentalement, en descendant prendre mon petit-déj', je calcule les horaires de train pour aujourd'hui. Je dois aller dans une ville de l'autre côté de la montagne pour donner un cours de danse à une bande jeunes qui pensent que la danse trad c'est pour les vieux schnocks et les vieilles avec des coiffes de trois mètres de dentelle sur la tête.

C'est sûr que mon habillement ne va probablement pas les faire changer d'avis, est-ce ma faute si je préfère danser en jupe longue et en bottines ? Pour compenser, j'ai mis un corset très évasé (mais aussi très serré) et j'ai souligné mes yeux de noir, je ne sais pas encore si je prnedrai mon châle rouge ou pas. L'ami qui m'a demandé de venir donner un cours m'a dit que si je m'habillais normalement (à comprendre normalement pour danser), ils voudraient tous prendre des cours particuliers, d'autres amis m'ont dit la même chose, que je pourrais profiter pour me trouver un copain là-haut.

Le problème, c'est que je suis mi-mature mi-insouciante, et que si j'aime bien sortir avec des grands ados de trente-cinq ans, je n'aime pas ceux de dix-sept, je ne sais pas pourquoi, je ne trouve pas assez de résonnance en eux.

En déjeunant, je regarde mon horoscope, comme tous les jours, parce qu'en général les poissons n'ont que des bonnes nouvelles dans la feuille de chou locale, et que même si c'est pas vrai, ça fait plaisir. Mais aujourd'hui, pas drôle, pas drôle du tout, la section amour commence par : Votre couple est en pleine euphorie, votre partenaire cède à tous vos désirs... Et les Pas-En-Couple-Et-Pas-Fiers-De-Pas-L'être alors ? J'ai répété mon programme pour cet après-midi, gravé un cd, et espéré tomber sur l'homme idéal d'ici à ce soir. Mais je n'y crois pas beaucoup. En plus j'ai rêvé du gars qui m'a mis un râteau cette nuit, et pourtant je n'étais pas encore amoureuse de lui, je me sentais bien avec lui, je me disais que peut-être ça pourrait donner lieu à quelque chose. Et quand ça a été non, ben j'ai passé plus loin...

On dit qu'on rêve souvent du déroulement de la journée précédente, et hier j'ai répondu à un de ses messages, parce que ce n'est pas parce qu'on ne sort pas ensemble qu'on ne va plus se parler pour autant. Peut-être que c'est à cause de ça que j'ai rêvé de lui. Dans mon rêve, il charmait les filles les unes après les autres (pas comme un tombeur, non plus, et le sens de ma phrase n'est pas du tout négatif), mais moi pas, et j'osais pas lui en demander la raison, pourtant j'avais presque envie qu'il me dise un truc style : toi je ne te vois pas comme ça, ce n'est pas parce que j'ai de l'irrespect pour les autres, mais je pense que tu mérites mieux qu'une aventure passagère.

Mais bon, c'est un rêve, et même si ça me ferait plaisir que lui ou un autre me dise ça... j'ai vraiment envie d'avoir quelqu'un, même pour une passade, même pour une amourette courte. Pourquoi les filles matures sont parfois jugées "trop bien pour une aventure", pense-t-on qu'on ne serait pas intéressées par un grain de folie dans notre vie ?



Ecrit par Mini-Beille, à 12:41 dans la rubrique Maintenant.
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Lundi (05/05/08)
Parfum de soleil
Un lundi matin en classe, ça pourrait ressembler à n'importe lequel de mes lundis matins passés, avant l'Uni. Est-ce le temps, la fatigue, la saison ? Mon imagination galope tandis que Charles Edouard (élève modèle de la classe) transcrit Tacite au tableau. La cour, où les arbres fleuris se balancent dans le vent, me fait penser à celle d'un cloître, et je vois presque les professeurs qui s'y promènent habillés en moines.

Je me sens étonnament bien. Pourtant la matinée a mal commencé : croyant grapiller quelques minutes après sept heures et demie, je me suis rendormie. A neuf heures moins vingt, réveil panique, à moins dix sous la douche, tout semblait me faciliter la vie. J'ai eu le temps d'envoyer un mail à l'assistante pour obtenir un délai supplémentaire, boire mon café tiédi, faire mon sac et arriver à l'heure pour le bus de neuf heures et demie.

Dehors il y avait du vent, mais du vent chaud, comme au bord de la mer, au Sud. Il faisait beau, mais la chaleur était étonnament supportable. Les premières fleurs des arbres volaient dans les airs, je me sentais bien, apaisée, alors que j'étais si mal hier. Le fait d'avoir terminé un de mes deux travaux en seulement deux heures, portée par une inspiration créatrice qui a toujours le chic pour tomber quand j'en ai réellement besoin, y est peut-être pour quelque chose.

Un collègue de travail vient de me dire qu'on aura tous un délai supplémentaire, ma chance légendaire a encore joué, ce n'est décidément pas demain que j'aurai un nouveau copain. Cette nouvelle me soulage aussi, comme ça me soulage d'avoir mon cours de piano ce lundi, ça me fera une pause au milieu de mon travail.

Est-ce la chaleur, l'émulation du travail ? Je n'ai pas faim, mais je ne me sesn pas gavée non plus. Comme si mon estomac avait décidé de prendre des vacances, comment pendant les examens du bac l'an passé. Je vais refaire des salades comme repas, parce que c'est une des seules choses que je peux manger sans faim, et qui ne me gave pas.

J'ai gratté mon vernis, il s'écaillait, je retrouve mes beaux ongles tous roses, tous frais, mais j'en remettrai, ce soir ou demain, pour éviter de les ronger. Un peu comme les protections que je met autour de moi, les attitudes que j'adopte en m'adaptant toujours le mieux possible à mon milieu, pour éviter de me détruire, les schémas pré-établis auxquels je peux toujours me raccrocher. Et pourtant dès que je sors de ce quotidien, je me sens libre, sans limites. Il suffit de pas grand-chose pour cela : ne pas me maquiller, discuter avec d'autres gens que d'habitude, aller à une autre place dans la clase, changer d'itinéraire pour aller aux cours, zapper un cours (quoique ça j'aime moins, vu que 90% de mon travail c'est l'écoute).

Travailler, hier, c'était aussi sortir de ma routine, c'était valorisant, excitant. Pour une fois, je savais pourquoi j'étais à l'Uni, aller simplement aux cours et faire des exercices dans aucune liberté, sans aucune création, c'est plaisant un moment, mais c'est vite lassant, même pour les cours que j'adore.

SI j'obtiens un délai supplémentaire (à l'heure où j'écris je l'ai obtenu), je ne travaillerai que tard ce soir, et demain soir, vers le coucher du soleil, c'est les moments où je travaille le mieux. Je profiterai du reste du temps pour faire la cuisine et me changer les idées en étant avec ma famille, comme en faisait un trivial pursuit sur la terrasse ou en regardant un film avec elles.

A la pause, j'ai demandé à une fille dont je ne connais même pas le nom de me faire une photocopie de ses notes sur le cours que j'ai manqué et qui m'est indispensable pour faire ce travail. Finalement, j'ai pris une photo haute résolution de ses notes, plus rapide et moins chiant à transporter.

Mais dans l'air, autour de moi, je sens un parfum, de chance, de vacances, une saveur de sable et de palmiers, des images de Hyères et de Bormes me reviennent. Je me ressens au soleil, les pieds dans des sandales, vêtue d'un jeans et d'un t-shirt, comme aujourd'hui, mais les doigts libres de bagues, je n'en portais pas à l'époque. Cette odeur de chaleur, de soleil, je revois les terrasses où des familles heureuses mangent des glaces entre deux baignades.

Ce soir, grillade et taboulé au menu, là aussi, les saveurs m'ennivrent, les tomates, l'huile d'olive, la mozzarella et la viande marinée me réjouissent d'avance. Une belle soirée qui s'annonce, et un brin de fantaisie entre à nouveau dans mon quotidien pourtant si régulé d'ordinaire. Ce soir je ne travaillerai pas, de toute façon les livres qu'il me faut sont à la bibliothèque et j'ai obtenu un délai de deux semaines supplémentaires, de quoi faire cinq fois le travail demandé.

Une musique me trotte dans la tête, pleine de flammes et de soleil, une danse que j'apprécie, avec laquelle j'aime voler au milieu des étoiles et faire virevolter mes jupes longues. Sur cette musique j'ai dansé samedi avec mon ami-nounours en peluche, c'est fou comme il y a toujours une ou deux danses qui ressortent de ma mémoire pour une soirée, et je me rappelle chaque fois es sensations, des passes, des regards, du bien-être que ces danses me procurent et je retrouve un coin de ciel bleu où me reposer un petit moment.



Ecrit par Mini-Beille, à 18:03 dans la rubrique Maintenant.
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Dimanche (04/05/08)
Etreintes, Ecailles, Ecoeurements
Hier je suis allée à une fête d'anniversaire d'une copine. Une de mes meilleures copines depuis pas mal de temps, même si ces temps elle fait des conneries que je désapprouve, comme sortir dans le but de se bourrer la gueule.

Sur le chemin de l'aller, il faisait beau, chaud, presque trop, une chaleur qui m'étouffe, qui me donne envie de vomir. Mais le pire, c'est que comme il faisait beau, tous les couples étaient de sortie, et de voir tous ces gens deux par deux alors que moi j'étais seule, ça me minait le moral. J'avais dans la tête : "Tous les garçons et les filles de mon âge..." Même si ça n'est pas vrai, parce que mes deux meilleures amies sont seules pour le moment, et ma soeur aussi.

Comme repas d'anniversaire, on a fait de la fondue, et comme j'adore ça j'en ai trop pris, évidemment. Bon j'avais prévu le coup et fait plein de corde à sauter l'après-midi, parce que mes amis ont beau me traiter de débile, j'ai bossé tellement dur pour être mince que je n'ai pas envie de grossir, pas du tout, et pourtant c'est super dur de tenir quand on aime manger autant que moi. Comme après on a mis de la musique et qu'on a dansé, j'étais toute ballonée, pas bien, je me sentais lourde.

Evidemment, crevée de soif, j'ai bu trois bons litres d'eau à moi toute seule, mais j'avais comme une soif sans fin. Quelque chose que je ne pouvais pas apaiser. Une sorte de besoin de fraîcheur qui me déchirait de l'intérieur. Et le ventre plein d'eau c'était encore moins évident de danser, et les gens étaient de moins en moins motivés, alors vers deux heures et demie du matin, on a finit par arrêter la musique pour se vautrer devant un film. C'était le Pacte des Loups, et je ne l'avais jamais vu. Et je suis une trouillarde. Alors la moitié des scènes où on voyait des cadavres, je les ai passées blotties contre l'ami à côté de moi, j'avais aussi besoin de câlins, d'être blottie contre quelqu'un, même un simple ami.

Bien sûr, à cette soirée j'ai fait un peu de charme, comme j'en fais toujours, même avec les simples amis. Il n'y a pas forcément de but, c'est juste comme ça, pour s'amuser. Je fais battre mes papillons bleus pour qu'un ami aille à ma place chercher de l'eau à la cuisine, pour que ma meilleure amie batte les cartes, juste comme ça, pour s'amuser. Mon ex n'aimait pas que je fasse ça, il n'était pas partageur il faut dire.

On a fini vers cinq heures du matin, le soleil éclairait déjà un peu le bleu du ciel, mais il faisait encore nuit, or dans une maison, quelle qu'elle soit, même la mienne, quand il fait entièrement nuit, j'ai peur, et je ne bouge pas. Je me suis laissée prendre par la taille et les épaules par un des mecs pour me guider jusqu'à la chambre de ma meilleure amie avec laquelle je dormais, mais sinon je n'aurais pas bougé, jusqu'à ce que quelqu'un allume une lumière.

On a mis du temps à s'endormir, on a refait la soirée à deux, mais entendre mon amie me parler effaçait de mon champ de vision des images atroces de films d'horreur que j'avais vu, des mains décharnées qui se tendaient vers moi (à cause du film que j'avais vu un peu plus tôt). Quand je me suis réveillée, elle n'était pas là, déjà en bas, je me suis sentie perdue pendant un instant. Puis peu à peu, tout le monde est parti, sauf moi et ma soeur. On a zoné un moment, mangé un paquet de chips à deux en regardant "Ce que veulent les femmes", mais j'étais trop naze pour bouger réellement. Et j'avais cette impression désagréable de saleté, comme chaque fois que je ne passe pas à la douche avant onze heures du matin.

J'étais bien chez ma meilleure amie, mais on a dû rentrer, parce que je DOIS absolument faire ces travaux, même si je vais probablement dormir un moment et les faire ce soir jusque vers une heure du matin. Et en rentrant, sous cette affreuse chaleur, crevée, je me sentais sur le point de vomir, j'avais mal à la tête, mal au coeur, des odeurs de fromage et de chips me remontaient à l'intérieur de moi-même jusqu'à me dégoûter.

Et pourtant c'était une belle fête, avec des gens que j'aime, et on a fait une des choses que j'aime le plus au monde, à savoir danser. On a bu des verres jusqu'à plus soif, on a mangé une fondue au piment, de la salade de fruits. Mais là je me sens tirée vers le bas, je suis trop fatigué pour me sentir bien, et pourtant je devrais. Mais ce soleil au-dehors qui me nargue, qui me tape sur la tête. Pour avoir bonne conscience je sais que je devrais sortir, mais pour le moment je n'ai qu'une envie : me pieuter, volets fermés, avec une aspirine, même si je n'ai pas la gueule de bois, mais juste très très envie de dormir.


Ecrit par Mini-Beille, à 17:46 dans la rubrique Maintenant.
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Samedi (03/05/08)
Vague d'or pour un vague à l'âme
Mes cheveux collent, c'est affreux, on les croirait plus gras qu'une dinde à la veille de Noël. Pourtant je les ai lavés jeudi, et leur temps de repos c'est une semaine, mais je sens les mèches grasses balayer mon visage, et leur contact me répugne.

Mais c'est normal, c'est moi qui l'ai voulu, j'éclaircis mes cheveux avec une lotion à base de jus de citron et d'huile d'olive, alors évidemment, c'est comme si j'avais une sorte de gel dessus en permanence. A l'aspect ils sont magnifique, dorés, ondulés comme il faut, mais quand on les touche, on en ressort une main grasse et poisseuse.

"Je ne couperai pas mes cheveux, de même que je ne les lisserai pas ! Mes cheveux sont à mon image, fous et désordonnés, je n'en changerai pas..." Et pourtant je les décolore, je triche un peu, mais je retrouve cette couleur qui est la mienne, ni blonde, ni brune, ni rousse, indéfinissable, et je n'aime pas être définie, toujours en demie-teinte. Suis-je toujours à l'image de mes cheveux, même si ce n'est qu'un traitement provisoire que je leur inflige ? Belle de loin et affreuse de près ?

Pourtant je charme et je n'ai pas assez de doigts pour compter les hommes qui se sont emmêlés dans mes filets. Il n'y a pas si longtemps encore, je n'étais pas seule, et c'est moi qui ai décidé d'arrêter, parce qu'il avait triché, pas avec une autre, mais avec lui-même, se présentant tel qu'il n'était pas. Et ça je ne le pardonne pas, on peut me trahir, me tromper, je m'en fous, je ne suis pas jalouse ni possessive. Mais me prendre pour une conne, ça je ne le pardonne pas, jamais.

Des amis m'ont dit que j'avais tort de me plaindre, j'avais un mec que j'ai quitté, je n'ai pas le droit de me plaindre d'être seule, même s'il ne me correspondait pas. Il y a des ex, des histoires de quelques soirs, que j'ai la tentation de rappeler, parce que je n'aime pas être seule, parce que je vois rarement l'intérêt de me faire belle si ce n'est que pour moi. Illogique, moi ? Parce que je les ai quitté mais qu'ils me manquent tout de même un peu ? Qu'il me manque cette affection qu'ils me portaient, cet éclat dans leurs yeux ? Je m'en rappelle, bien sûr, comme un bonbon au miel (d'abeille), comme une bouquet de fleurs des champs, comme une mélodie qui revient en tête on ne sait pas trop pourquoi, un jour, alors qu'on croyait l'avoir oubliée.



Ecrit par Mini-Beille, à 13:41 dans la rubrique Maintenant.
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Prise de conscience
Prise de conscience, dix heures du matin, en me regardant dans la glace.

Qui suis-je, pourquoi cette fille avec cette natte et ce pyjama en soie jaune me regarde dans la glace ?

Est-ce que je n'ai pas pris du poids depuis la dernière fois que je me suis regardée ? Pas encore passée sous la douche, j'ai l'impression que la sueur coule le long de mes joues grasses, et comme une impression d'étouffement qui me serre au coeur.

J'ai des poches sous les yeux, pourtant je n'ai pas fait tard hier, je me suis couchée vers onze heures, onze heures et demie peut-être... Mais trois hommes faisaient une ronde diabolique à l'intérieur de ma tête, je ne savais plus lequel je voulais embrasser ou rejeter. Un que j'aime depuis deux ans, un avec qui je je me sentais bien  mais ça ne suffisait pas (ou alors c'était trop) pour lui, et un qui me tourne peut-être autour, cette fois le quatrième, qui est un que je regarde un peu de loin, sans trop y réfléchir vraiment, m'a été épargné.

J'ai froid, mon mini-pyjama n'est pas la tenue idéale pour rester devant l'ordi, et je devrais le laisser, j'ai des trucs à faire à la cuisine, je dois me laver, m'habiller, faire une playlist pour la fête de ce soir, commencer mon travail pour l'Uni, sinon je ne pourrai pas faire les examens.

Je n'ai pas vraiment envie, mes ongles manucurés, pour une fois, tapent sur les touches, presque tous seuls et je n'ai pas envie de les arrêter. Je devrais cmmencer par mettre un jeans, un t-shirt, et faire ma corde à sauter, mais je n'en ai pas envie non plus. Pourtant je vais le faire, et à la fin je serais contente. Je ne suis jamais motivée à faire la corde à sauter, même quand il fait beau dehors, et pourtant à la fin je suis toujours contente de l'avoir fait.

Je sais de quoi j'ai envie, j'ai envie de quelqu'un qui me prenne dans ses bras, quelqu'un qui me regarde, qui me dise qu'il m'aime et dont le regard soit si brillant que je puisse l'aimer aussi. J'ai envie, et c'est presque un besoin, d'être aimée, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai besoin de me sentir péciale pour quelqu'un. Pas de ma famille, pas de mes amis, mais un amoureux, un amant, quelqu'un que je puisse emmener jusqu'aux étoiles en un claquement de doigts, en un baiser.


Ecrit par Mini-Beille, à 10:39 dans la rubrique Maintenant.
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