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Sous la douche
Samedi matin, je rentre enfin. La maison est vide, j'appelle, une fois, deux fois, personne.

Je pose mon sac, j'arrête la scottish qui faisait briller le soleil derrière les nuages dehors.

J'ai encore l'odeur de mon râteau partout sur moi, dans mes cheveux, sur mes habits. Une odeur douce, mais profonde, comme ses bras dans la danse. J'en ai partagé trois avec lui, et je ne me suis pas conduite comme une gamine. Je ne lui ai pas sauté au cou, je l'ai croisé avant le théâtre (on allait au théâtre avant d'aller au bal, d'ailleurs on s'est faites rincer, il pleuvait dur mais ça faisait du bien, on rigolait comme des folles en se rappelant quand on était unies et indissociables), je lui ai fait une bise, et dit à bientôt. Au bal, je ne suis pas restée dans mon coin pour ne pas lui parler. J'ai parlé avec lui quand il était là, avec d'autres quand d'autres étaient à côté de moi.

Les trois danses, c'est lui qui m'a invitée, pour uen quatrième, j'ai senti qu'il allait le faire aussi, et là j'ai fait la gamine, et je ne l'ai aps regardé alors qu'il se dirigeait vers moi. Il est resté un moment à côté, sans rien dire, puis à invité une autre fille. Je n'aurai pas supporté une bourrée les yeux dans les yeux, pas encore, quoique, je ne sais pas. Je ne savais pas encore trop comment être à ce moment-là.

Puis on s'est détendus, on a discuté, je lui ai dit qu'on faisait quelques danses pour s'entraîner, avec le prince viking, il a regardé ma fausse-bague-de-fiançailles-repousse-mec (une fine bague d'or avec un petit diamant que je me suis acheté sur un coup de coeur et que je porte à l'annulaire droit), et il n'a rien dit de plus.

J'ai discuté, avec ses amis qui deviennent peu à peu les miens aussi, j'ai dansé avec deux autres hommes, gentils, mais casés je crois, et, en plus des copines avec qui j'étais venue, avec une fille. En repartant, j'étais fière de moi, pas seulement pour ne pas m'être comportée comme une gamine, mais pour avoir réussi à tourner la page. Je ne le trouvais plus aussi beau, mais toujours charmant. Son odeur (je suis très sensible aux odeurs des gens, ça m'aide souvent à déterminer si je les aime bien ou pas) était toujours agréable, mais j'en avais un souvenir plus fort, plus viril, plus enveloppant.

Un ami, c'est réellement devenu un ami, comme on en avait convenu, et finalement je le prends assez bien, pour dire que c'était la première fois que je le revoyais depuis le râteau.

Ma petite puce était là, et j'avais mal, parce que ce que je vais faire est nul, et pas du tout gentil pour elle et qu'elle va nous en vouloir à tous les deux. J'ai beau me dire qu'elle l'a quitté et que ma foi, si elle le voulait, elle n'avait qu'à le garder et ne pas lui dire de revenir dans deux ans pour qu'ils se remettent ensemble, ça ne m'aide pas. On discutait de son copain actuel et, avec un demi-sourire un peu triste, elle me disait qu'il était gentil, mais que ça n'était pas ça. Qu'elle savait que ce n'était pas l'homme de sa vie.

L'homme de sa vie, c'est l'autre, mais pas maintenant, elle dit avoir besoin de temps pour voir, pour faire des expériences. En attendant, elle ne va pas le mettre au frigo et empêcher les autres filles d'y toucher, non ? Mais je l'ai prise dans mes bras, et je l'ai cajolée, ma petite puce, je l'ai écoutée et je lui ai donné des conseils, comme avant. Tout en lui disant qu'à dix-neuf ans elle avait encore le temps de trouver l'homme de sa vie.

Je suis toute pouah, les cheveux gras, le visage gras, pas les mains parce que je les ai lavées, j'en pouvais plus. C'est pour ça que je sens encore son odeur sur moi, l'odeur de sa dernière étreinte avant que j'aille me coucher, quand il m'a souhaité bonne nuit. Il n'y a pas si longtemps, c'est cette odeur qui m'aurait emmené, dans ses bras, au pays des songes. Mais cette nuit, c'étaient deux yeux bleus, brillants comme la mer sous le soleil.

Je sais maintenant pourquoi, inconsciemment, je ne me suis pas lavée les cheveux hier. Ce n'était pas pour avoir des moins beaux cheveux hier que ce soir, ni pour me négliger. Mais parce que je savais que j'aurais cette odeur sur moi, et que je ne voulais pas la garder pour l'autre. Je me rappelle que je fais pareil quand j'allais voir mon (futur) râteau alors que j'étais encore avec mon ex, c'était pareil. Je me lavais les cheveux après son départ, pour ne pas garder une trace de mon ex sur moi.

Je vais aller laisser couler l'eau chaude sur moi, sur mes épaules, pour imprimer le souvenir d'un ami, figer celui d'une passion qui s'est éteinte, ne pas les effacer, ne pas les laver, ils sont gravés en moi, ils font partie de mon histoire, de ma vie, de moi. Je n'efface pas mes souvenirs, bien que j'aie souvent joué avec l'idée, je connais la formule, je sais comment le faire. Mais une bonne douche chaude, pour réfléchir, pour tourner la page, pour en commencer une nouvelle, une belle page propre qui sent la poire et la fleur de lotus...


Ecrit par Mini-Beille, le Samedi 17 Mai 2008, 11:32 dans la rubrique Maintenant.

Commentaires :

Kate
17-05-08 à 14:40

J'ai rien compris à ce petit bout d'histoire. C'est peut-être comme Gloire-Amour-Et beauté, il faut avoir suivi les premiers épisodes pour en comprendre un seul ou alors, c'est un journal vraiment rien que pour sois où quiconque ne peut comprendre les mots codés... ou alors, j'ai la tête dans le cul en ce beau samedi...

 
Mini-Beille
Mini-Beille
17-05-08 à 14:44

Re:

Peut-être un peu des trois ;-)

J'écris les petites et les grandes choses de ma vie ici, ceux qui veulent commenter le peuvent, ceux qui veulent juste lire peuvent aussi...