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Parfum de soleil
Un lundi matin en classe, ça pourrait ressembler à n'importe lequel de mes lundis matins passés, avant l'Uni. Est-ce le temps, la fatigue, la saison ? Mon imagination galope tandis que Charles Edouard (élève modèle de la classe) transcrit Tacite au tableau. La cour, où les arbres fleuris se balancent dans le vent, me fait penser à celle d'un cloître, et je vois presque les professeurs qui s'y promènent habillés en moines.

Je me sens étonnament bien. Pourtant la matinée a mal commencé : croyant grapiller quelques minutes après sept heures et demie, je me suis rendormie. A neuf heures moins vingt, réveil panique, à moins dix sous la douche, tout semblait me faciliter la vie. J'ai eu le temps d'envoyer un mail à l'assistante pour obtenir un délai supplémentaire, boire mon café tiédi, faire mon sac et arriver à l'heure pour le bus de neuf heures et demie.

Dehors il y avait du vent, mais du vent chaud, comme au bord de la mer, au Sud. Il faisait beau, mais la chaleur était étonnament supportable. Les premières fleurs des arbres volaient dans les airs, je me sentais bien, apaisée, alors que j'étais si mal hier. Le fait d'avoir terminé un de mes deux travaux en seulement deux heures, portée par une inspiration créatrice qui a toujours le chic pour tomber quand j'en ai réellement besoin, y est peut-être pour quelque chose.

Un collègue de travail vient de me dire qu'on aura tous un délai supplémentaire, ma chance légendaire a encore joué, ce n'est décidément pas demain que j'aurai un nouveau copain. Cette nouvelle me soulage aussi, comme ça me soulage d'avoir mon cours de piano ce lundi, ça me fera une pause au milieu de mon travail.

Est-ce la chaleur, l'émulation du travail ? Je n'ai pas faim, mais je ne me sesn pas gavée non plus. Comme si mon estomac avait décidé de prendre des vacances, comment pendant les examens du bac l'an passé. Je vais refaire des salades comme repas, parce que c'est une des seules choses que je peux manger sans faim, et qui ne me gave pas.

J'ai gratté mon vernis, il s'écaillait, je retrouve mes beaux ongles tous roses, tous frais, mais j'en remettrai, ce soir ou demain, pour éviter de les ronger. Un peu comme les protections que je met autour de moi, les attitudes que j'adopte en m'adaptant toujours le mieux possible à mon milieu, pour éviter de me détruire, les schémas pré-établis auxquels je peux toujours me raccrocher. Et pourtant dès que je sors de ce quotidien, je me sens libre, sans limites. Il suffit de pas grand-chose pour cela : ne pas me maquiller, discuter avec d'autres gens que d'habitude, aller à une autre place dans la clase, changer d'itinéraire pour aller aux cours, zapper un cours (quoique ça j'aime moins, vu que 90% de mon travail c'est l'écoute).

Travailler, hier, c'était aussi sortir de ma routine, c'était valorisant, excitant. Pour une fois, je savais pourquoi j'étais à l'Uni, aller simplement aux cours et faire des exercices dans aucune liberté, sans aucune création, c'est plaisant un moment, mais c'est vite lassant, même pour les cours que j'adore.

SI j'obtiens un délai supplémentaire (à l'heure où j'écris je l'ai obtenu), je ne travaillerai que tard ce soir, et demain soir, vers le coucher du soleil, c'est les moments où je travaille le mieux. Je profiterai du reste du temps pour faire la cuisine et me changer les idées en étant avec ma famille, comme en faisait un trivial pursuit sur la terrasse ou en regardant un film avec elles.

A la pause, j'ai demandé à une fille dont je ne connais même pas le nom de me faire une photocopie de ses notes sur le cours que j'ai manqué et qui m'est indispensable pour faire ce travail. Finalement, j'ai pris une photo haute résolution de ses notes, plus rapide et moins chiant à transporter.

Mais dans l'air, autour de moi, je sens un parfum, de chance, de vacances, une saveur de sable et de palmiers, des images de Hyères et de Bormes me reviennent. Je me ressens au soleil, les pieds dans des sandales, vêtue d'un jeans et d'un t-shirt, comme aujourd'hui, mais les doigts libres de bagues, je n'en portais pas à l'époque. Cette odeur de chaleur, de soleil, je revois les terrasses où des familles heureuses mangent des glaces entre deux baignades.

Ce soir, grillade et taboulé au menu, là aussi, les saveurs m'ennivrent, les tomates, l'huile d'olive, la mozzarella et la viande marinée me réjouissent d'avance. Une belle soirée qui s'annonce, et un brin de fantaisie entre à nouveau dans mon quotidien pourtant si régulé d'ordinaire. Ce soir je ne travaillerai pas, de toute façon les livres qu'il me faut sont à la bibliothèque et j'ai obtenu un délai de deux semaines supplémentaires, de quoi faire cinq fois le travail demandé.

Une musique me trotte dans la tête, pleine de flammes et de soleil, une danse que j'apprécie, avec laquelle j'aime voler au milieu des étoiles et faire virevolter mes jupes longues. Sur cette musique j'ai dansé samedi avec mon ami-nounours en peluche, c'est fou comme il y a toujours une ou deux danses qui ressortent de ma mémoire pour une soirée, et je me rappelle chaque fois es sensations, des passes, des regards, du bien-être que ces danses me procurent et je retrouve un coin de ciel bleu où me reposer un petit moment.



Ecrit par Mini-Beille, le Lundi 5 Mai 2008, 18:03 dans la rubrique Maintenant.

Commentaires :

exvag
exvag
05-05-08 à 19:22

bzzz bzzz fait l'abeille.

 
Mini-Beille
Mini-Beille
05-05-08 à 22:58

Re:

Elle fait bizzz bizzz aussi quand elle rencontre ses amis ;-)