Petite pause
Roudoudou va manger avec son Chéri ce soir, et elle dort chez lui. Je me suis tellement habituée à sa présence, à être vraiment tout le temps avec elle ces derniers jours que son départ laisse un petit vide dans la maison. Elle est presque toujours joyeuse, rigole beaucoup, on l'entend, au contraire d'autres amis qui se font plus discrets. Son mini-départ laisse la Maison toute calme, toute silencieuse. Un peu comme après les fêtes avec plein d'amis. Je me retrouve, pas seule, mais avec moi-même. Une bouffée d'air frais, un petit instant de pause dans le carrousel étoudissant des derniers jours.
J'ai ôté ma montre, la montre qui fait que parfois on me repère quand on voit juste mon bras, la montre qui m'a valu le surnom de Big Ben il y a un moment. Je suis en vacances, et je n'ai pas besoin de ce filet-là, pas besoin d'être accrochée à quelque chose, ni à quelqu'un, juste vivre, me balader, surfer entre les gens en partageant des vagues avec des personnes qui m'aiment et que j'aime.
Ce vent de folie qui m'a saisi l'autre jour, je ne sais plus quand exactement me pousse à faire des choses que la sage petite Mini-Beille ne ferait pas, même quand je me sens maîtresse du monde, les cheveux détachés et les yeux dans les étoiles. J'use de mon libre-arbitre d'une manière qui me semble inconnue, et pourtant je l'ai déjà utilisé ce libre-arbitre, et je m'en suis déjà étonnée, lorsque rentrant du lycée, malade, sur le point de m'évanouir ou m'étant déjà évanouie, je me disais que je POUVAIS le faire, que rien ne me l'interdisait et que le monde tournerait sans moi.
Quelques jours à découvrir une nouvelle vie avec Roudoudou, entre son déménagement, sa liberté, ses folies mêlées aux miennes, la visite d'une nouvelle ville, des fous rires interminables avec une bataille de givre et une bouteille de Clairette de Die qui gicle. Mais j'apprécie autant le calme qui règne à nouvau sur mon petit domaine, chaque chose à sa place, les affaires de Roudoudou bien rangées dans ma chambre, les piles de lessive enfin à leur place dans mes armoires, la cuisine dans un ordre relatif. Hier j'ai retrouvé une facette nouvelle d'elle, son côté lunaire, ses doutes, ses peurs, ses complexes, une partie que peu de gens aiment montrer, et que moins encore arrivent à montrer aux autres. Cette facette, je l'avais déjà vue une fois, une unique fois chez elle, avant, et c'est là que je lui avais proposé de squatter ma chambre pendant l'été.
Elle est plus sensible lorsqu'elle vient de voir sa famille, car elle a des problèmes avec eux et ils ne seront pas réglés rapidement, moi aussi j'avais et j'ai encore des problèmes avec ma famille, mais j'essaye de parler avec elles quand j'estime que ça ne va pas. Après la bouteille pour fêter sa Maturité réussie, que j'avais décidé d'acheter après avoir entendu sa mère lui dire que sa famille ne la fêterait pas parce que c'était trop difficile de réunir du monde, elle a retrouvé cet éclat, sa brillance naturelle.
Cette brillance et cette joie, nous l'avions partagé l'après-midi même, en faisant un shopping (d'habitude je déteste, mais avec certaines personnes c'est suffisament amusant pour vite passer) de soie et de dentelles. Elle pour son Chéri et moi pour mon prochain copain, mais surtout pour moi. Je me rappelle tendrement la jeune fille que j'étais, qui a acheté il n'y a pas si longtemps, moins d'une année, sa première nuisette de soie (bleue avec des dragons), d'abord pour mon copain de l'époque, car avant je ne portais que des chemises de nuit longues (très confortables, mais pas très séduisantes), puis pour moi. Car ça m'a plu. Je me faisais plaisir en m'habillant bien, même pour la nuit, même pour aller parler aux étoiles.
C'est pour cela qu'hier j'ai d'abord hésité à accompagner Roudoudou dans ses achats, puis je me suis dit que je pouvais aussi m'offrir de jolies choses, et pas que pour sortir, et qu'après tout ça ne serait pas perdu pour autant, puisque d'une part ça me faisait plaisir (une règle parmi d'autres : ne jamais renoncer à se faire plaisir pour des raisons futiles), et que d'autre part, ça risque bien de me resservir un jour.
Ne pas toujours réfléchir, pour les choses importantes oui, mais passer une demi-heure à se demander si on a vraiment vingt francs pour une nuisette à volants, ça n'est pas la peine. Et même, pour les choses importantes, il arrive des moments où il faut faire confiance au destin et à son instinct, et ne pas essayer de tout comprendre tout de suite. C'est pour ça que j'ai décidé de laisser filer un peu, avec Greg, d'attendre en tout cas demain soir, voir si j'aurai envie de lui envoyer un sms pour lui souhaiter une bonne semaine de stage (loin d'internet et de msn), et si j'en ai envie et que je trouve les bons mots tout simplement, je le ferai. Il m'a dit que ça ne le dérangeait pas si je le faisais, après tout.
Non, ne pas se poser trop de questions, ne pas tout prévoir à l'avance, avoir des plans, mais lâches et libres, laisser la place à l'imprévu, passer une demi-heure dans une piscine et monter sur la Montagne, marcher le long des rives du Lac et lui demander pourquoi il aime tant se prendre pour une Mer, rester une soirée entière sous les étoiles et tâcher de repérer celles qui me font des clins d'oeils et qui me donnent des pistes à suivre et décider ensuite si je veux les suivre ou non.
J'ai ôté ma montre, la montre qui fait que parfois on me repère quand on voit juste mon bras, la montre qui m'a valu le surnom de Big Ben il y a un moment. Je suis en vacances, et je n'ai pas besoin de ce filet-là, pas besoin d'être accrochée à quelque chose, ni à quelqu'un, juste vivre, me balader, surfer entre les gens en partageant des vagues avec des personnes qui m'aiment et que j'aime.
Ce vent de folie qui m'a saisi l'autre jour, je ne sais plus quand exactement me pousse à faire des choses que la sage petite Mini-Beille ne ferait pas, même quand je me sens maîtresse du monde, les cheveux détachés et les yeux dans les étoiles. J'use de mon libre-arbitre d'une manière qui me semble inconnue, et pourtant je l'ai déjà utilisé ce libre-arbitre, et je m'en suis déjà étonnée, lorsque rentrant du lycée, malade, sur le point de m'évanouir ou m'étant déjà évanouie, je me disais que je POUVAIS le faire, que rien ne me l'interdisait et que le monde tournerait sans moi.
Quelques jours à découvrir une nouvelle vie avec Roudoudou, entre son déménagement, sa liberté, ses folies mêlées aux miennes, la visite d'une nouvelle ville, des fous rires interminables avec une bataille de givre et une bouteille de Clairette de Die qui gicle. Mais j'apprécie autant le calme qui règne à nouvau sur mon petit domaine, chaque chose à sa place, les affaires de Roudoudou bien rangées dans ma chambre, les piles de lessive enfin à leur place dans mes armoires, la cuisine dans un ordre relatif. Hier j'ai retrouvé une facette nouvelle d'elle, son côté lunaire, ses doutes, ses peurs, ses complexes, une partie que peu de gens aiment montrer, et que moins encore arrivent à montrer aux autres. Cette facette, je l'avais déjà vue une fois, une unique fois chez elle, avant, et c'est là que je lui avais proposé de squatter ma chambre pendant l'été.
Elle est plus sensible lorsqu'elle vient de voir sa famille, car elle a des problèmes avec eux et ils ne seront pas réglés rapidement, moi aussi j'avais et j'ai encore des problèmes avec ma famille, mais j'essaye de parler avec elles quand j'estime que ça ne va pas. Après la bouteille pour fêter sa Maturité réussie, que j'avais décidé d'acheter après avoir entendu sa mère lui dire que sa famille ne la fêterait pas parce que c'était trop difficile de réunir du monde, elle a retrouvé cet éclat, sa brillance naturelle.
Cette brillance et cette joie, nous l'avions partagé l'après-midi même, en faisant un shopping (d'habitude je déteste, mais avec certaines personnes c'est suffisament amusant pour vite passer) de soie et de dentelles. Elle pour son Chéri et moi pour mon prochain copain, mais surtout pour moi. Je me rappelle tendrement la jeune fille que j'étais, qui a acheté il n'y a pas si longtemps, moins d'une année, sa première nuisette de soie (bleue avec des dragons), d'abord pour mon copain de l'époque, car avant je ne portais que des chemises de nuit longues (très confortables, mais pas très séduisantes), puis pour moi. Car ça m'a plu. Je me faisais plaisir en m'habillant bien, même pour la nuit, même pour aller parler aux étoiles.
C'est pour cela qu'hier j'ai d'abord hésité à accompagner Roudoudou dans ses achats, puis je me suis dit que je pouvais aussi m'offrir de jolies choses, et pas que pour sortir, et qu'après tout ça ne serait pas perdu pour autant, puisque d'une part ça me faisait plaisir (une règle parmi d'autres : ne jamais renoncer à se faire plaisir pour des raisons futiles), et que d'autre part, ça risque bien de me resservir un jour.
Ne pas toujours réfléchir, pour les choses importantes oui, mais passer une demi-heure à se demander si on a vraiment vingt francs pour une nuisette à volants, ça n'est pas la peine. Et même, pour les choses importantes, il arrive des moments où il faut faire confiance au destin et à son instinct, et ne pas essayer de tout comprendre tout de suite. C'est pour ça que j'ai décidé de laisser filer un peu, avec Greg, d'attendre en tout cas demain soir, voir si j'aurai envie de lui envoyer un sms pour lui souhaiter une bonne semaine de stage (loin d'internet et de msn), et si j'en ai envie et que je trouve les bons mots tout simplement, je le ferai. Il m'a dit que ça ne le dérangeait pas si je le faisais, après tout.
Non, ne pas se poser trop de questions, ne pas tout prévoir à l'avance, avoir des plans, mais lâches et libres, laisser la place à l'imprévu, passer une demi-heure dans une piscine et monter sur la Montagne, marcher le long des rives du Lac et lui demander pourquoi il aime tant se prendre pour une Mer, rester une soirée entière sous les étoiles et tâcher de repérer celles qui me font des clins d'oeils et qui me donnent des pistes à suivre et décider ensuite si je veux les suivre ou non.
Ecrit par Mini-Beille, le Samedi 5 Juillet 2008, 19:17 dans la rubrique Maintenant.
