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Matloup
J'ai rencontré Matloup l'an passé. On bossait pour le même festival. Moi assistante à responsabilité, lui poste à responsabilité. On avait pas beaucoup échangé.

On s'est revus cette année, cette fois, j'avais aussi un poste à responsabilité, en lien avec le sien. Autant dire que sur les 10 jours du festival, on se voyait tout le temps, entre 9h du matin et 02h du matin.  Cette fois, on bossait l'un avec l'autre. On se faisait des blagues, on discutait dans les moments de calme.

Bref.

C'était sympa.

On bossait bien, une équipe efficace. J'ai réglé deux-trois problèmes techniques pour l'arranger. On faisait du bon boulot, il avait toujours un mot gentil. Dans les derniers jours, il me prenait mon repas en même temps qu'il allait chercher le sien. Il m'avait mis une fleur avec l'assiette, "pour tes cheveux" il disait. J'ai commencé à regarder ce grand gars, tout maigre, toujours décontracté, toujours sympa, toujours cool et sans stress.

Le dernier soir, avant la fête des bénévoles, on s'est vus, il restait plus longtemps que les autres. Chaton me faisait une crise pour que je ne reste pas, qu'il y aurait de l'alcool et des gens, qu'il voulait que je rentre. "Une vraie nana", avait rigolé Matloup. Pourtant Matloup est pas vraiment du genre ricanneur. Calme, gentil, ferme avec les gens, précis, fiable.

On s'est croisés à la fête.

Un couloir.

Sombre.

Etroit.

On s'est frôlés.

Il m'a pris dans ses bras.

Il sentait l'alcool.

Je ne voulais pas faire ça à Chaton. Je l'ai laissé m'étreindre sans lui rendre vraiment sa chaleur. Je l'ai repoussé, je suis partie avec d'autres.

Au repas des responsables, il s'est fait charrier par ses amis, qu'il avait des vues sur une fille du festival, il les a fait taire. J'ai été intriguée.

Je lui ai demandé ensuite sur Facebook qui c'était, si je la connaissais. J'étais contente et soulagée qu'il ait des vues sur quelqu'un. Il m'a dit que c'était pas drôle, je ne comprenais pas. Il a publié sur son mur des vidéos de chants d'amour et de tristesse. Je lui ai dit que ces chansons étaient très jolies. Il m'a répondu :
Matloup : T'es conne
Matloup : C'est toi...
Mini-Beille : Quoi moi ?
Matloup : La fille...
Mini-Beille : Je sais pas quoi dire...
Matloup : Je t'aime
Mini-Beille : (bis)
Mini-Beille : On tombe pas amoureux comme ça, en une semaine.
Matloup : Ben... faut croire que si :/
Mini-Beille : J'ai un chéri déjà, tu le sais ça...
Matloup : Je sais...
Matloup : Mais, je pensais que...
Matloup : Samedi...
Mini-Beille : Samedi quoi ?
Matloup : Tu m'as laissé...
Matloup : Te prendre dans les bras...

J'ai essayé de lui dire, que mes amis me prenaient dans leur bras tout le temps, que c'était normal, que j'étais quelqu'un de tactile. Je ne lui ai pas dit que j'avais eu envie de lui. Je l'ai dit à Greg et Miss Papillon, plus tard. Ils m'ont dit que j'aurais dû craquer.

Et hier soir je l'ai vu.

Une animation, avec Chaton, Troubadour, et des danseurs, pour un grand évènement. Je l'ai reconnu, je suis allée lui parler un peu avant, je lui ai parlé de l'anim'. Il a pas dansé, il aime pas trop ce genre de musique. Pourtant, après, je suis retournée vers lui. La première fois avec Chaton, on a parlé de faire des bals dans sa salle de concert.

La deuxième fois, Chaton était rentré, je l'ai croisé au bar, au coude à coude, je sentais la chaleur de son bras à travers le tissu. Ses yeux sombres me regardaient fixement.
Lui : Alors, t'es toujours avec ta copine ?
Moi : Oui. Mais, il y a deux-trois petits détails qui ont changé.
Lui : Ah bon ? Comme quoi ?
Moi : Ben... si tu as toujours envie de moi... maintenant ça entrerait dans le domaine du possible.

Il m'a regardé, avec un air d'incrédulité. Je lui ai souri. Il a pris ma main, on est partis sans nos verres, trouver un coin plus calme, à l'abri des gens. On s'est embrassé, il me mordillait gentiment, alcool, tabac, sueur, il sentait bon. J'ai glissé mes mains sous sa chemise. Je l'avais déjà vu sans, mais là, ses muscles dessinés dans du marbre chaud, c'était juste fou.

Puis.

Il a commencé à me parler.

A me dire qu'il y croyait pas, que c'était un rêve, depuis le moment où j'étais venue lui dire bonjour. Que j'étais belle quand je dansais, que ma bouche avait le goût des fruits, qu'il avait pas perdu espoir et qu'il avait eu raison.

Soyons honnête. Sans ça. J'aurais planté les autres là, et je lui aurais demandé d'aller chez lui.

Mais ce n'était pas comme avec Ombre, que j'ai revu depuis mon dernier article, la situation n'était pas claire. C'est un trop gentil garçon pour que je le laisse se faire des films pour après en souffrir. J'ai décidé d'attendre. Attendre de le voir, d'en discuter avec lui un peu, clarifier la situation, clarifier le fait que je ne m'engagerai pas émotionnellement.

Au bout d'un moment, je l'ai laissé pour aller rejoindre les autres danseurs et rentrer.

Ce matin il était sur Facebook. On a parlé d'organiser une soirée ensemble, il m'a dit de passer lui déposer des affiches. Puis je lui ai dit.

Matloup : Ça me fait mal... J'aurais préféré que...
Matloup : Mais j'apprécie ta franchise... Je suis touché que tu tiennes autant à ne pas me blesser...
Mini-Beille : Tu sais...même si ce n'est pas de l'amour, j'ai de l'affection pour toi :*
Matloup : Mais...
Matloup : Tu voudrais quand même ...
Matloup : avec moi ?
Mini-Beille : La question ce n'est pas ce que moi je veux. Je l'ai dit, déjà. La question c'est de savoir si ça te va, en sachant que je ne serai pas autant impliquée émotionnellement que toi... et que pour moi c'est un bout de chemin secret à partager avec toi, pas plus.
Matloup : Oui...
Matloup : Ça me va...

Tout est dit. Il a choisi.











Ecrit par Mini-Beille, le Jeudi 15 Décembre 2011, 18:54 dans la rubrique Maintenant.