Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

Rouge
Se teindre les cheveux, c'est un peu devenir quelqu'un d'autre.

Chaton est parti une semaine en Italie. Il rentre samedi.

Il m'a dit que ça lui faisait mal de savoir que j'avais couché avec mon ex. Qu'il aimerait qu'on prenne du temps tous les deux et qu'on discute. On discute plus qu'avant. Mais il ne me touche pas plus, et il ne rentre pas plus tôt.

Vendredi passé, j'ai fait l'amour avec Matloup. C'était pas prévu, mais c'était prévisible.

De son côté en tout cas. Je lui avais dit que ce n'était plus possible, qu'on ne le ferait pas. Que la situation avait changé. Mais le 25 décembre il était venu poser une lettre et un collier pour moi. Depuis il me parlait sur Facebook, presque tous les jours.

Moi je m'étais exprès habillée "moche". Une vielle chemise. Un vieux gilet tout râpé. Une vieille jupe de bonne soeur catholique au genou.

Je l'ai retrouvé à sa boîte. Il devait me donner des affiches, pour un concert qu'il a dimanche, en échange des miennes, pour mon bal de samedi. On avait pas rendez-vous. Je lui avais dit que je passerais dans la semaine et j'ai attendu le vendredi après-midi. J'aurais dû y aller au milieu, parce que là, sachant que j'étais pas encore passée, il pouvait prévoir que je viendrais là.

J'avais pas compris ses indications pour trouver le bureau. Donc je suis entrée, j'ai entendu un bruit d'aspirateur et une voix d'homme. C'était lui. Il m'a dit qu'il avait pas son matériel là, mais chez lui. On est allé chez lui. Je lui ai dit que je l'attendais en bas. Il m'a proposé un café, je suis montée.

Il a mis du café en route, j'ai demandé si je pouvais faire quelque chose. Il m'a dit où étaient les tasses à café, il est sorti fumer une clope. J'ai regardé un peu son appart, c'était petit, étriqué, encombré. Je l'ai pas entendu arriver. Quand je réfléchis, je suis plus attentive au monde extérieur.

Il a mis les mains autour de ma taille, il m'a serrée, fort. Il sentait bon. La clope, la sueur, son odeur. Je me suis retournée et lui ai rendu son étreinte, juste pour le sentir contre moi à nouveau. On est restés là, emmêlés, respirant fort, tous les deux.

L'émotion. De l'attente.

Il a enfoui sa tête dans mes cheveux sales. Il a dit que j'étais belle, et fragile, qu'il avait peur de me casser. Je ne lui ai pas répondu. Nos têtes l'une contre l'autre, nos visages se cherchaient.

Un baiser sur le front.

Un sur la tempe.

Un sur le nez.

Doux, tout doux.

Caresse de sa barbe, de son piercing, de ses lèvres contre ma peau.

J'ai tourné la tête, il est allé chercher plus loin mon baiser.

Doux.

Baiser mordu, à peine. Léger.

Le café a grondé. Je lui ai fait remarquer. Il a dit : "On s'en fout.", je l'ai lâché et suis allée éteindre le café. Il m'a suivi. M'a ré-embrassée. Il m'a attirée, tout en titubant, jusqu'au lit. Nous nous sommes déshabillés mutuellement.

Le reste est assez vague. Le cerveau sur "off" la majeure partie du temps. La seule chose qui ne soit pas floue. C'est que jusqu'alors je n'avais jamais fait l'amour aussi intensément. Chaque centimètre carré de mon corps était l'objet d'une caresse, d'un baiser, d'un geste d'amour. Il n'y avait pas de faux ou de juste, de bon ou de mauvais. A un moment il a fait redescendre la pression en attaquant une bataille de chatouilles. Puis il a recommencé.

Puis j'ai vu l'heure. Chaton rentrait bientôt. Je devais partir. Je me suis arrachée à ses caresses. Il a parlé d'amour pendant que je me rhabillais. Il m'a demandé de rester. Je suis partie.

En coup de vent, rentrer, faire à manger, préparer les affaires pour partir, m'asperger de parfum pour masquer l'odeur de sueur mâle dont j'étais gorgée.

Chaton n'a rien vu, rien senti.

Au bal, Sphinx m'a dit que je sentais le mec, je lui ai dit de la fermer. Que je lui expliquerais plus tard. Il était littéralement mort de rire.

Et moi morte de honte.

Le bal s'est terminé, Sphinx a fait mousser le Lutin en me prenant dans les bras et en me demandant publiquement de faire des enfants avec lui.

Sur la route, j'ai dit à Chaton. Il m'a supplié de ne pas le quitter. Que ça lui était égal ce que je faisais de mon corps. Mais qu'il m'aimait, et qu'il ne voulait pas que je parte.

Il a pleuré. J'ai pleuré. Et me suis endormie à ses côtés, avec l'odeur de Matloup dans mes cheveux.

Mes cheveux sentent la teinture.

Ils sont rouges.

Comme le sang.

Comme l'amour.

Comme l'envie.

J'ai vu Matloup mardi, en public, je le revois vendredi, avec Grizzly à mes côtés pour me surveiller.

Ecrit par Mini-Beille, le Mercredi 25 Janvier 2012, 22:29 dans la rubrique Maintenant.

Commentaires :

Anonyme
26-01-12 à 09:21

Enfin de l'espoir en période de crise.Une boite qui crée de l'emploi (du temps) tout en débauchant.
J'aime cette petite entreprise.