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Trop ou enfin assez...
Depuis ce matin, trop de pressions, trop d'heures de travail, mes collègues de séminaire ont voulu commencer fort, avec trois longues heures sur les anthropophages brésiliens. Trop de soleil à midi, trop d'informations, trop de couples autour de moi, moi qui suis seule, encore une fois. Trop de pensées traversent ma tête que je prends à deux mains pour enfin la faire taire, trop de cris, trop de rire, trop de détails dans l'exposé de cet après-midi, trop d'aigus dans la voix de la prof de latin remplaçante.

Puis soudain, un rocher, trois quarts d'heure pour moi, seule, sans personne. Je déroule lentement les fils de mon mp3, je cherche jusqu'à ma musique favorite, et glisse plume, glisse sur la cîme des mots, enroule et déroule mes pensées mieux que ma bouche ne peut le faire, met de l'ordre dans mes pensées éparses et attache-les en un bouquet jolis que je pourrai accrocher à mon corsage pour le reste de la journée. Dessine avec soin ce soleil qui me tue et trace-le, rageuse, d'un coup d'épée funeste. Une petite brise se lève, douce, fraîche, juste ce qu'il faut pour briser le soleil et sa chaleur tuante.

Quelqu'un me parle, un ami, me demande ce je qu'écris : "Tout... et rien". Il reste là, à côté sans demander plus qu'une parcelle de regard, sans m'offrir plus qu'une présence amicale, simple, douce, dans le silence. Il pense aussi, mais moins vite que moi, lui il peut laisser courir ses idées et toujours les rattraper, moi si je les lâche, qui sait où elles iront.

J. est venu, première initiale, il a traversé la France en deux jours, il est là, sa présence réchauffe la maison et me donne l'impression d'être en vacances. Il est simple, sans complexes, sans problèmes, il donne ce qu'il y a à donner et prends ce qu'il y a à prendre, c'est un ami fidèle et cher. Peut-être que c'est ça que je voulais depuis ce matin, un îlot de calme, loin du brouhaha, loin de la clarté aveuglante, loin de mes rêves qui ont fait s'envoler toutes les feuilles de cours sur la mer bleutée, à le recherche de Christophe Colomb, comme des centaines d'oiseaux merveilleux.



Ecrit par Mini-Beille, le Jeudi 8 Mai 2008, 20:02 dans la rubrique Maintenant.